400 millionnaires et milliardaires demandent au Congrès de ne pas baisser leurs impôts

George Soros fait partie des signataires de la lettre adressée au Sénat. [OLIVIER HOSLET / POOL / AFP]

Quatre cent millionnaires et milliardaires américains ont envoyé au Sénat, qui examine en ce moment une réforme des impôts favorable aux plus fortunés, une lettre annonçant leur refus de tout cadeau fiscal.

«Ne diminuez pas vos impôts», titre The Washington Post. Voilà la demande de riches Américains, de médecins, d'avocats mais aussi d'entrepreneurs et grands patrons. Selon eux, le parti républicain commet une grande erreur en réduisant les impôts des familles les plus aisées alors que la dette du pays est élevée et que les inégalités sociales ont retrouvé leur niveau des années 1920. 

La lettre est publiée alors que le Sénat examine une grande réforme fiscale, dévoilée ce mois-ci, qui pourrait être adoptée avant Noël. Elle prévoit la réduction des taxes sur les entreprises et les particuliers, notamment pour les plus riches. Le taux d’impôts des personnes dont le revenu dépasse 500.000 dollars (423.000 euros) par an passerait ainsi de 39,6% à 38,5%.

Réduire les impôts des plus riches

Au lieu de réduire les impôts, les signataires de la lettre demandent au Congrès d’augmenter les impôts des plus riches. Ils s’en prennent également à l’intention des républicains de supprimer l’impôt sur les sécessions. Le Washington Post rappelle que selon la législation actuelle, seuls ceux qui héritent d’un montant supérieur à 5,49 millions de dollars (4,64 millions d’euros) y sont assujettis. La réforme prévoit de fixer la limite à 11 millions de dollars (9,31 millions d’euros), soit un manque à gagner de 269 milliards de dollars (227 milliards d’euros), sur dix ans.

Le groupe républicain indique que les sommes rendues seront investies pour de nouvelles entreprises ou pour construire de nouvelles usines.

«Les républicains disent que nous ne pouvons pas nous permettre de dépenser de l’argent mais nous pouvons nous permettre d’alléger fiscalement les plus riches. Ça n’a aucun sens», affirme Bob Crandall, ancien directeur général d’Americain Airlines, au Washington Post. «J’ai un gros revenu. Si mes revenus augmentent, je n’investirai pas plus. Je vais juste économiser plus», souligne-t-il.

La lettre a été écrite par l’association Responsible Wealth (Richesse responsable), qui lutte contre les inégalités, et auxquelles peuvent adhérer les plus privilégiés. Parmi les signataires, on retrouve les fondateurs de Ben & Jerry’s, le financier George Soros ou encore le philanthrope Steven Rockefeller.

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