Face au tollé, Trump gèle l'importation de trophées d'éléphants

Selon Great Elephant Census, le nombre d'éléphants a chuté de 30% entre 2007 et 2014 en Afrique.[MARTIN BUREAU / AFP]

Donald Trump a gelé vendredi soir l'autorisation d'importer des trophées d'éléphants tués au Zimbabwe et en Zambie, vingt-quatre heures seulement après l'annonce très controversée par son administration de réinstaurer ces permis.

Les associations de défense des animaux et de l'environnement aux Etats-Unis et à travers le monde étaient vent debout depuis jeudi contre la décision, qui revenait sur une interdiction imposée par la précédente administration de Barack Obama.

Le président Donald Trump a annoncé sur Twitter le «gel de la décision sur les trophées le temps qu'(il) vérifie les faits sur la conservation», promettant de donner «rapidement» des nouvelles sur la question en compagnie de son ministre des Ressources naturelles, Ryan Zinke.

Le milliardaire républicain semble avoir tenu compte du tollé quasi-unanime de la décision, qui rouvrait la possibilité pour les chasseurs américains de revenir aux Etats-Unis par exemple avec des pieds, des têtes, ou encore de très recherchées défenses d'ivoire d'éléphants.

L'U.S. Fish & Wildlife Service (USFWS), l'agence fédérale américaine chargée des questions de chasse et de pêche, a en effet annoncé jeudi qu'elle allait «émettre des permis autorisant l'importation des trophées d'éléphants chassés par loisir au Zimbabwe à partir du 21 janvier 2016 et jusqu'au 31 décembre 2018». Cela était également valable pour la Zambie, selon son site internet.

L'administration du président républicain exploitait pour ce faire un aspect de la loi américaine sur les espèces en danger, qui stipule que l'importation de tels trophées peut être légale si preuve est apportée que la chasse bénéficie à la conservation plus large des espèces.

Légalisation du massacre d'une espèce menacée

De nombreuses associations américaines avaient, à l'instar de The Elephant Project, déploré un «comportement répréhensible de l'administration Trump». «100 éléphants sont déjà tués chaque jour. Cela mènera à davantage de braconnage», avait souligné l'organisation.

Pour sa part, le centre américain pour la biodiversité avait déploré qu'en autorisant à faire entrer «des têtes, des pieds et des queues d'éléphants morts aux Etats-Unis», Donald Trump «légalise le fait de tuer des éléphants menacés».

Selon l'organisation Great Elephant Census, le nombre de pachydermes a chuté de 30% entre 2007 et 2014 en Afrique, avec une baisse de 6% pour le Zimbabwe.

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