Le Congrès américain commence à se réformer pour traiter les affaires de harcèlement sexuel à l'intérieur de l'institution, après de multiples accusations lancées par des femmes contre des parlementaires en exercice.
Les élus reviennent lundi après leurs congés de Thanksgiving et voteront mercredi, à la Chambre des représentants, pour rendre obligatoire une formation anti-harcèlement sexuel pour tous les élus et leurs collaborateurs. Cette formation est aujourd'hui facultative.
Les chefs du Congrès sont sous pression pour réagir, vite, au déballage d'affaires en cours.
Un sénateur démocrate, Al Franken, fait l'objet d'une enquête de la commission éthique du Sénat pour des gestes déplacés et un baiser forcé. Le doyen démocrate de la Chambre, John Conyers, a été accusé de harcèlement mais refuse de démissionner. Et le président Donald Trump soutient coûte que coûte un candidat au Sénat, l'ancien magistrat ultra-conservateur Roy Moore, accusé d'attouchements sur des mineures il y a plusieurs décennies.
![Le candidat républicain pour un siège au Sénat, Roy Moore, accusé de harcèlement sexuel, le 25 septembre 2017 à Fairhope, Alabama [SCOTT OLSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives]](http://static.cnewsmatin.fr/sites/default/files/styles/image_630/public/0771f22de5e62f31a40e3da84dda5b35295712d9.jpg?itok=t4gb7Drc)
Plusieurs élus, emmenés par la démocrate Jackie Speier et la républicaine Barbara Comstock, veulent aller plus loin et réformer une loi de 1995 sur la façon dont les victimes, à l'intérieur du Congrès, peuvent rapporter des faits de harcèlement et obtenir réparation.
Cette loi avait été adoptée en moins de deux semaines en janvier 1995, à une voix de l'unanimité. Mais l'époque a changé et les procédures établies à l'époque sont aujourd'hui dénoncées comme obsolètes et trop en défaveur des plaignants.
Les nouvelles règles proposées permettraient d'accélérer la procédure interne après une plainte, alors qu'aujourd'hui les victimes sont obligées de recourir dans un premier temps à une médiation. Un poste d'avocat des victimes serait créé. La clause de confidentialité ne serait plus obligatoire. Les versements d'indemnités viendraient désormais de la poche de l'élu responsable du harcèlement, alors qu’aujourd’hui c'est le contribuable qui paie.
Et surtout, la liste et le montant des règlements de plaintes devrait être rendue publique annuellement.