Terry Gilliam compare le mouvement #MeToo à un «régime de la populace»

D'après le réalisateur Terry Gilliam, certaines actrices se seraient servies d'Harvey Weinstein pour poursuivre leur carrière à Hollywood. [MAX NASH / AFP]

Au cours d'une interview accordée à l'AFP, le réalisateur et acteur américain Terry Gilliam a comparé le mouvement #MeToo à «un régime de la populace», affirmant que certaines actrices s'étaient servies d'Harvey Weinstein pour poursuivre leur carrière. 

Le réalisateur des films «Monty Python» a commencé cet entretien en soutenant que Weinstein, l'ancien magnat d'Hollywood, «était un monstre», qui avait été démasqué parce qu'il «était un c****** et qu'il s'était fait tant d'ennemis». 

Mais Terry Gilliam a poursuivi en affirmant que, selon lui, les réactions suite aux accusations de harcèlement ou d'agression sexuelles se sont transformées en un débat «stupide» et «simpliste». «C'est un monde de victimes. Je pense que certaines personnes s'en sont bien sorties après leur rencontre avec Harvey et d'autres moins. [...] Ce sont des adultes, nous parlons là d'adultes qui ont beaucoup d'ambition. Une nuit avec Harvey, c'est le prix à payer. Certains l'ont payé, d'autres en ont souffert. Je connais suffisamment de filles qui étaient dans la suite d'Harvey qui ne sont pas des victimes», a-t-il soutenu à l'AFP

«La populace est là»

Selon les propos du réalisateur de 77 ans, le mouvement #MeToo serait ainsi comparable à un renversement du pouvoir à Hollywood, désormais aux mains du peuple : «La populace est là, dehors, ils ont des torches et vont brûler le chateau de Frankenstein», s'est-il exclamé, avant d'ajouter qu'il trouvait «drôle» qu'un «pussy-graber» autoproclamé soit actuellement au pouvoir à la Maison Blanche

Suite à ces déclarations, certaines personnalités se sont exprimées. Asia Argento, l'actrice italienne qui avait accusé Harvey Weinstein d'agression sexuelle le 10 octobre dernier, a affiché sa colère et son dégoût sur Twitter

«Furieuse, dégoûtée par le point de vue de Terry Gilliam sur #metoo. Nous partageons le même directeur de la photographie, Nicola Pecorini, et j'espère que Gilliam n'a pas oublié à quel point Weinstein détestait le cinéma de Pecorini (qu'il trouvait trop sombre) et comment le monstre l'a par la suite viré. Gilliam prend le sujet à la légère».

Quant à Ellen Barkin, l'actrice de «Mélodie pour un meurtre», elle a affirmé, toujours via Twitter, que cette interview lui avait «retourné l'estomac», ajoutant que «Terry Gilliam est le dernier homme à réprimander un mouvement qui tente de protéger les femmes des hommes abusifs». 

Dans un autre tweet, elle a conseillé de «ne jamais prendre un ascenceur seul avec Terry Gilliam». 

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