Washington récompense une Irakienne «mère courage» face aux jihadistes de Daesh

Melania Trump a remis à Aliyah Khalaf Saleh le Prix international des femmes de courage.[SAUL LOEB / AFP]

En 2014, Aliyah Khalaf Saleh a sauvé 58 militaires pourchassés par Daesh en Irak. Un geste pour lequel elle a été récompensée, ce vendredi à Washington, en compagnie de neuf autres «femmes de courage».

Aujourd’hui ces militaires sont sa «nouvelle famille», a déclaré Aliyah Khalaf Saleh vendredi. «Deux d'entre eux se sont mariés, j'ai été invitée, j'étais la personne la plus heureuse au monde», raconte cette femme de 62 ans, connue sous le nom de Oum Qoussaï en Irak où elle devenue, selon sa biographie publiée par le département d'Etat américain, une héroïne nationale.

«Dieu m'a pris mon mari, mon fils et mon neveu mais m'a donné en retour ces jeunes gens pour me consoler».

Son geste héroïque a eu lieu en juin 2014, le jour du massacre du camp militaire de Speicher, à Tikrit, une ville au nord de Bagdad à l’époque occupée par Daesh. Ce jour-là, les jihadistes enlèvent des centaines de jeunes hommes, essentiellement chiites, pour les exécuter. Jusqu’à 1.700 personnes seraient morts.

Voyant que plusieurs jeunes hommes sautent dans la rivière pour échapper au massacre, Oum Qoussaï et sa famille, pourtant sunnites, viennent à leur secours. Par petits groupes, ils parviendront à cacher 58 personnes en cinq mois.

Venue aux États-Unis pour recevoir le Prix international des femmes de courage, décerné chaque année par le département d’Etat, elle s’émeut de voir tant de sourire dans les rues, alors que «les gens en Irak n’ont plus souri depuis des années. Nous ne faisons que pleurer».

Pour Melania Trump, la Première dame des États-Unis, présente à la cérémonie, «les femmes de courage que nous honorons sont des héroïnes dans leur patrie et pour le monde entier. En racontant leurs histoires, nous pouvons montrer aux jeunes femmes et filles à travers le monde ce que signifie avoir du courage».

Parmi les autres femmes mises à l’honneur, figuraient notamment Godelieve Mukasarasi, une Rwandaise de 58 ans qui a créé une association pour aider les veuves et les orphelins du génocide des Tutsi en 1994, ou encore la sœur Maria Elena Berini, une religieuse italienne installée en Centrafrique, où elle vient en aide aux déplacés de guerre.

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