Avant Lula, ces ex-présidents qui ont terminé en prison

L'ex-président a jusqu'à 17h le 6 avril pour se présenter à la prison fédérale de Curitiba. [AFP / ARCHIVES]

Le juge brésilien Sergio Moro, a émis jeudi un mandat de dépôt contre l'ancien président Luiz Inacio Lula da Silva, condamné à douze ans et un mois de prison pour corruption. Retour sur les précédentes affaires qui ont valu, avant Lula, à d'autres anciens chefs d'Etat de passer par la case prison.

Park Geun-hye, ancienne présidente sud-coréenne

De façon quasi-concomitante avec l'ex-président Lula, l'ancienne présidente sud-coréenne Park Geun-hye a été condamnée à vingt-quatre ans de prison pour corruption, abus de pouvoir et coercition, vendredi 6 avril. Elle devra aussi régler une amende de 18 milliards de wons (soit 13 millions d'euros)  

La femme politique est impliquée dans une vaste affaire de trafic d'influence menée auprès de grands groupes coréens tels que Samsung et Lotte, qui a débouché sur une véritable crise politique et économique en Corée du Sud.

Park Geun-hye avait été destituée et interpellée en mars 2017. 

Hissène Habré, ancien président tchadien 

En mai 2016, celui qui dirigea le Tchad de 1882 à 1990 a été condamné à la prison à vie pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre par un tribunal spécial africain à Dakar, au Sénégal. Il a été jugé responsable de la mort de centaines de millers de personnes. 

Cette condamnation a été confirmée en appel en 2017. 

Mohamed Morsi, ancien président égyptien

L'ex-président égyptien islamiste, Mohamed Morsi, a été condamné à vie. La peine prononcée en 2016 contre le chef d'Etat, destitué par l'armée trois ans plus tôt, a été confirmée en septembre 2017 par la cour de Cassation du pays.

L’ancien dirigeant et ses partisans ont fait l'objet d'une répression sanglante après la prise de pouvoir de l’ex-chef de l’armée, Abdel Fattah Al-Sissi. Ce dernier, par la suite devenu le président de l'Egypte, a été réélu en mars 2017 pour un nouveau mandat de quatre ans. 

Alberto Fujimori, ancien président du Pérou

L'ex-chef d'Etat péruvien a été condamné à 25 ans de prison pour corruption et crimes contre l'humanité, en 2009. Pendant son mandat de 1990 à 2000, il est accusé d'avoir commandité deux massacres.

Toutefois, l'affaire a connu un rebondissement, fin 2017, quand le président Pedro Pablo Kuczynski, qui a par ailleurs démissionné en mars, a décidé de le gracier. 

Souffrant d'un cancer, celui qu'on surnomme à tort «El chino» (le chinois en espagnol), en référence à ses origines japonaises, a donc été libéré. Mais son cas divise profondément la société péruvienne depuis. 

Moshé Katzav, ancien président israélien

Président de 2000 à 2007, Moshé Katsav a été condamné à sept ans de prison ferme pour viols, harcèlement sexuel, subornation de témoins et entraves à la justice. Il est accusé d'avoir agressé deux de ses collaboratrices quand il occupait le poste de ministre du Tourisme dans les années 1990.

Fin 2016, après que la jutice israélienne a accédé à sa demande de remise de peine, l'homme écroué cinq ans plus tôt, a été remis en liberté. 

Alfonso Portillo, ancien président guatémaltèque

Alfonso Portillo a dirigé le Guatemala en 2000 et 2004. En 2013, le conservateur, accusé de blanchiment d'argent notamment dans des établissements américains, a été extradé vers les Etats-Unis.

Il a été condamné par la justice américaine à cinq ans et dix mois de prison avant d'être renvoyé au Guatemala, en février 2015. 

Otto Perez, lui aussi ancien président guatémaltèque, qui a pris ses fonctions en 2012 avant d'être contraint à la démission trois ans plus tard, pourrait également passer derrière les barreaux.

Il a été placé en détention provisoire en septembre 2015 et fait actuellement l'objet d'une enquête pour corruption, tout comme son ancienne vice-présidente, Roxana Baldetti.  

 

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