Italie : Giuseppe Conte cherche à boucler son gouvernement

Giuseppe Conte à Rome, le 23 mai 2018 [Vincenzo PINTO / AFP] Giuseppe Conte à Rome, le 23 mai 2018. [Vincenzo PINTO / AFP]

Giuseppe Conte, chargé de former le gouvernement italien, tente vendredi 25 mai de boucler la composition de son équipe, objet d'âpres négociations entre les populistes italiens qui ont porté ce novice en politique à la Présidence du conseil.

«Je vais dédier toute la journée de demain à élaborer une proposition de gouvernement à soumettre au président de la République, les ministres que je proposerai seront des politiques», a-t-il assuré jeudi soir, après avoir rencontré des élus de tous les partis représentés au Parlement.

Mais c'est surtout avec le Mouvement Cinq Etoiles (M5S, antisystème) et la Ligue (extrême droite) que ce juriste de 53 ans, totalement inconnu en Italie il y a encore quelques jours, négocie la composition du 65e gouvernement italien depuis 1946.

Ces deux forces politiques, majoritaires au Parlement après les législatives du 4 mars, ont suggéré le nom de ce très discret professeur de droit parce que chacun refusait qu'un poids-lourd de l'autre camp dirige le gouvernement.

Selon les médias, Matteo Salvini, patron de la Ligue, devrait devenir ministre de l'Intérieur, tandis que Luigi Di Maio, chef de file du M5S, prendrait la tête d'un grand ministère du Développement économique et du Travail.

Mais le nom qui pose le plus de problèmes est celui sur lequel la Ligue insiste pour le portefeuille stratégique des Finances : Paolo Savona, un ancien ministre de 81 ans, vieux routier des milieux financiers aux positions critiques sur l'évolution de l'UE et sur l'euro. M. Salvini défend bec et ongles le choix de cette «personnalité éminente, reconnue, appréciée», au point d'avoir provoqué la colère du président Sergio Mattarella : «pas de veto mais pas de diktat», a fait valoir le chef de l'Etat selon la presse, en rappelant que lui et M. Conte étaient les seuls habilités à choisir les ministres.

Rencontre au sommet

Déjà peu convaincu de l'autorité de M. Conte face aux poids-lourds politiques qui composeront son équipe, M. Mattarella, garant du respect des traités internationaux et élu par un Parlement alors dominé par le centre gauche, tient à ce que l'Italie respecte ses engagements européens.

M. Salvini a pris acte. «Laissons à (Giuseppe) Conte l'honneur de proposer à qui de droit les noms» des ministres, a-t-il assuré jeudi soir, ajoutant qu'il se contenterait d'offrir «humblement» quelques conseils.

Une rencontre entre MM. Salvini, Di Maio et Conte est prévue vendredi, selon le patron de la Ligue.

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