Affaire Khashoggi : qui sont les responsables saoudiens limogés ?

Le général Ahmed al-Assiri était le chef adjoint du renseignement saoudien. [FAYEZ NURELDINE / AFP]

Deux des principaux collaborateurs du prince héritier Mohammed ben Salmane ont été limogé par l'Arabie saoudite, samedi. 

Cette décision survient après avoir reconnu que le journaliste Jamal Khashoggi avait été tué dans son consulat d'Istanbul, en Turquie. 

Ahmed al-Assiri

Le général Ahmed al-Assiri est le chef adjoint du renseignement saoudien. Agé d'une soixantaine d'années, ce conseiller de haut rang proche de la cour royale, assistait souvent aux réunions à huis-clos du prince héritier avec des dignitaires étrangers en visite dans le royaume. 

Il a aussi été le porte-parole de la coalition militaire intervenant au Yémen depuis 2015 contre les rebelles Houthis soutenus par l'Iran. Parlant couramment le français, l'anglais et l'arabe, il avait acquis à l'étranger la réputation de harceler les journalistes dont les articles critiquaient les «bavures» saoudiennes au Yémen. 

Le quotidien panarabe à capitaux saoudiens Al-Hayat a qualifié le général Assiri, formé à la prestigieuse école militaire française Saint-Cyr, de «pilote saoudien le plus connu au monde». Avant l'annonce de son limogeage, le New York Times avait expliqué que l'Arabie saoudite attribuerait la responsabilité de la disparition de Khashoggi au général Assiri pour tenter de dédouaner MBS. 

Saoud al-Qahtani

Considéré comme un homme-clé de l'entourage du prince héritier, Saoud al-Qahtani était conseiller médias à la cour royale. Il a notamment organisé des interviews avec MBS pour des journalistes étrangers et a également dirigé le «centre d'études et d'affaires médiatiques», une unité opérant au sein de la cour royale.

L'homme de 40 ans aurait animé des campagnes de propagande en ligne contre les adversaires du royaume, comme le Qatar et l'Iran, selon des sources saoudiennes. Il compte 1,3 million d'adeptes sur Twitter et était connu pour ses messages hostiles aux dissidents et à ses rivaux. 

Dans un article paru dans le Washington Post au début de l'année, Jamal Khashoggi affirmait que Qahtani entretenait une «liste noire» pour les journalistes critiques du royaume et qu'il était connu pour les intimider. «Les gens les craignent. Vous les défiez, vous risquez de finir en prison, et c'est ce qui s'est passé», a affirmé Jamal Khashoggi. 

Il a qualifié M. Qahtani d'«homme le plus important dans les médias», affirmant qu'il contrôlait les activités de relations publiques du gouvernement saoudien.  

L'an dernier, Saoud al-Qahtani a déclaré sur le réseau social Twitter : «Je ne fais rien de mon propre chef, sans des ordres. Je suis l'employé et l'exécuteur de mon roi et de mon prince héritier.»

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