Un député pro-Brexit va réclamer officiellement un vote de défiance contre Theresa May

Theresa May fait face à de multiples démissions suite au projet d'accord sur le Brexit conclu avec l'Union européenne. [AFP/Archives]

Le député conservateur pro-Brexit Jacob Rees-Mogg a réclamé un vote de défiance contre la Première ministre britannique Theresa May, a annoncé jeudi un député de son groupe parlementaire, l'European Research Group (ERG).

"Rees-Mogg a écrit la lettre" en ce sens, a déclaré à la presse Simon Clark. Cette annonce intervient à la suite de la démission de plusieurs ministres du gouvernement de Mme May, mécontents du projet d'accord de Brexit qu'elle a conclu avec l'Union européenne.  Theresa May, a averti jeudi les députés britanniques qu'ils avaient le choix entre le projet d'accord de divorce conclu avec l'Union européenne, pas d'accord ou «pas de Brexit du tout».

«Le choix est clair : nous pouvons choisir de partir sans accord, risquer qu'il n'y ait pas de Brexit du tout ou soutenir le meilleur accord négociable», a lancé la Première ministre britannique, confrontée à des démissions en série au sein de son gouvernement.

La France reste inquiète

Ce projet d'accord obtenu entre Bruxelles et Londres sur le Brexit est «un grand pas» mais les «inquiétudes» demeurent sur son adoption finale, notamment en raison de «l'actualité politique britannique», selon Édouard Philippe. «Rien ne nous permet à ce stade de savoir si l'accord sera au final adopté (...) Il n'a échappé à personne que l'actualité politique britannique pouvait nourrir un certain nombre de questionnements et d'inquiétudes sur la possibilité effective d'une ratification de cet accord», a déclaré le ministre lors d'un déplacement à Dunkerque consacré aux effets du Brexit sur les ports français.

Quatre démissions au compteur

Une quatrième démission a été annoncée ce jeudi matin dans le gouvernement britannique au sujet du projet d'accord sur le Brexit conclu avec l'Union européenne. La secrétaire d'Etat du Brexit, Suella Braverman, a elle aussi jetté l'éponge.

«Ca n'a pas été une décision facile», a écrit Suella Braverman sur Twitter. «Je me trouve maintenant dans l'incapacité de soutenir sincèrement l'accord approuvé hier par le cabinet», a-t-elle expliqué dans sa lettre de démission publiée sur son compte Twitter, déplorant «les concessions» consenties à Bruxelles.

La ministre britannique du Travail et des Retraites, Esther McVey, a annoncé jeudi sa démission, troisième départ du gouvernement de la Première ministre Theresa May au sujet du projet d'accord sur le Brexit conclu avec l'Union européenne.

«L'accord que vous avez présenté au cabinet hier (mercredi) ne reflète pas le résultat du référendum» de juin 2016, où 52% de Britanniques s'étaient prononcés pour la sortie de l'UE, a écrit la ministre, qui avait elle-même voté pour la sortie de l'UE, dans sa lettre de démission publiée sur son compte Twitter. 

«Je ne peux pas soutenir l'accord de retrait conclu avec l'Union européenne», a pour sa part expliqué Shailesh Vara dans sa lettre de démission publiée sur son compte Twitter.

«Je regrette d'avoir à annoncer que, dans la foulée du Conseil des ministres d'hier sur l'accord de Brexit, je dois démissionner», a, pour sa part, expliqué sur Twitter Dominic Raab. Le plan de Theresa May menace l'intégrité du Royaume-Uni, estime-t-il.

Opposé lui aussi au projet d'accord sur le Brexit, le ministre a préféré tirer sa révérence.

«Je ne peux soutenir l'accord proposé pour deux raisons», liées notamment au futur statut de l'Irlande du Nord après le Brexit, a-t-il expliqué dans sa lettre de démission publiée sur son compte Twitter.

La livre britannique chute

La livre sterling a brusquement chuté jeudi après l'annonce de la démission de Dominic Raab, ministre britannique chargé du Brexit. La monnaie a perdu environ 1% face au dollar.

Vers 09H15 GMT, une livre valait 1,2858 dollar, contre 1,2992 dollar mercredi soir vers 22H00 GMT. La devise retombe ainsi à son niveau de mardi, soit avant l'annonce du projet d'accord et l'aval donné mercredi soir par le gouvernement de Theresa May.

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