Syrie : des femmes yazidies se reconstruisent dans un village uniquement féminin

La ville de Sinjar, en Irak, d'où sont originaires les Yazidis. La ville de Sinjar, en Irak, d'où sont originaires les Yazidis.[SAFIN HAMED / AFP]

Se reconstruire et continuer à vivre. C'est l'objectif de ces femmes yazidies qui ont rejoint Jinwar, un village situé dans le Kurdistan syrien (dans le nord du pays). La particularité du village est d'être peuplé exclusivement de femmes.

Les Yazidis sont une communauté kurdophone originaire d'Irak, et plus précisément de Sinjar, une ville au nord du pays, à quelques dizaines de kilomètres de la Syrie. Ils ont été persécuté et on subi un génocide depuis la prise de pouvoir de Daesh dans la région. Quand les hommes se faisaient tuer, des milliers de femmes étaient capturées pour servir d'esclaves sexuelles aux combattants terroristes. 

Avec la défaite proche de Daesh, une partie de ces femmes a pu s'enfuir et retrouver la liberté. Et c'est ainsi que certaines ont rejoint Jinwar. «J'aime vivre ici, j'adore aller à l'école, les mathématiques. Je serais une coiffeuse quand je serai grande», explique Berivan, une jeune yazidi dans un reportage publié par le Guardian. 

une réhabilitation difficile

Rejoindre un village sans homme n'est pas anodin. «Les femmes kurdes ou yazidis n'ont pas une place facile dans leur société, qui est très traditionaliste et conservatiste», explique Myriam Benraad, politologue et spécialiste du monde arabe. Une place dans la société qui a été camouflée par les images de femmes combattantes largement diffusées pendant les différentes batailles contre Daesh. Cependant, grâce à leur importance dans la guerre, elles ont gagné en influence. 

Une influence qui se traduit par exemple dans la construction du village de Jinwar. Ici, elles pourront se reconstruire «dans la durée», explique Myrian Benraad. «Même si elles ont pu s'échapper, les femmes yazidis peuvent difficilement rentrer dans leur famille. Lorsqu'elles ont été esclaves sexuelles ou qu'elles ont eu des enfants, elles peuvent être rejetées par leur famille, être considérées comme des parias. Et même lorsqu'elles rentrent, il  a toujours une honte, un regard pesant. Être entouré de femmes qui peuvent les réhabiliter est donc essentiel», conclut la chercheuse.

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À gauche, Barham Saleh de l'Union patriotique du Kurdistan (photo prise le 13 décembre 2008), à droite Fouad Hussein du Parti démocratique du Kurdistan (photo prise le 11 avril 2016). [ADAM JAN, SAFIN HAMED / AFP/Archives]
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