Un Royaume-Uni dans la tourmente déroule le tapis rouge à Donald Trump

Le président américain Donald Trump et son épouse Melania, le 28 mai 2019 à Yokosuka, au Japon [Charly TRIBALLEAU / POOL/AFP/Archives] Le président américain Donald Trump et son épouse Melania, le 28 mai 2019 à Yokosuka, au Japon [Charly TRIBALLEAU / POOL/AFP/Archives]

Le Royaume-Uni déroule lundi le tapis rouge pour Donald Trump, attendu pour une visite d'Etat de trois jours dans un contexte de crise politique que les nouvelles critiques du dirigeant américain sur le Brexit risquent d'exacerber.

M. Trump et son épouse Melania seront accueillis au palais de Buckingham pour une cérémonie suivie d'un déjeuner avec la reine Elizabeth II puis d'un banquet officiel dans la soirée.

Mais derrière la pompe de cet accueil, le pays est dans la tourmente avec une Première ministre conservatrice sur le départ pour avoir échoué à mettre en oeuvre la sortie de l'Union européenne, trois ans après le référendum du Brexit.

Fidèle à sa réputation, le dirigeant républicain n'a pas hésité à mettre les pieds dans le plat avant son arrivée: dans des entretiens avec la presse britannique, il a critiqué la manière dont Theresa May a mené les négociations avec Bruxelles, recommandé à son futur successeur de quitter l'UE sans accord et fait de l'ex-ministre des Affaires étrangères Boris Johnson, partisan d'un Brexit dur, son champion pour la remplacer. Il a aussi tressé des lauriers au populiste Nigel Farage, leader du Parti du Brexit qui a raflé la mise aux élections européennes.

Ces propos ont été dénoncés par Jeremy Corbyn, le chef du Labour, principal parti d'opposition britannique, comme "une ingérence inacceptable dans notre démocratie".

Comme ses prédécesseurs, M. Trump devrait insister sur la "relation spéciale" anglo-américaine. Mais cette dernière est soumise à rude épreuve dans plusieurs dossiers, dont l'Iran avec la volonté affichée du Royaume-Uni de défendre l'accord nucléaire qu'il a remis en cause, ou l'environnement.

Washington fait aussi pression sur Londres pour exclure Huawei de son réseau 5G. Dimanche, dans le Sunday Times, Donald Trump a demandé à Londres de se montrer "très prudent" quant au rôle qu'elle compte accorder au géant chinois des télécoms.

"Notre relation a renforcé la sécurité et la prospérité de nos pays pendant des années et continuera de le faire pour les générations qui viennent", a pour sa part déclaré Mme May qui le recevra à Downing Street mardi, à quelques jours de sa démission, prévue le 7 juin même si elle restera en poste jusqu'à la nomination de son successeur.

La relation commerciale avec les Etats-Unis, cruciale pour le Royaume-Uni post-Brexit, occupera sans doute une grande partie de leur discussion, même si certains au Royaume-Uni craignent qu'elle ne tourne à leur désavantage.

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