Vives tensions entre Londres et Pékin sur Hong Kong

Hong Kong le 1er juillet 2019, le jour-anniversaire de la rétrocession de cette ex-colonie britannique à la Chine. [DALE DE LA REY / AFP/Archives] Hong Kong jouit d'une semi-autonomie et de libertés n'existant pas en Chine continentale et ce, en théorie, jusqu'en 2047. [DALE DE LA REY / AFP/Archives]

Les tensions diplomatiques entre Londres et Pékin nées du soutien apporté par le Royaume-Uni, l'ancienne puissance coloniale, aux manifestants à Hong Kong ont culminé mercredi avec la convocation de l'ambassadeur chinois, qui avait appelé à éviter toute «ingérence».

«Je pense que la relation (entre Londres et Pékin) a souffert de l'ingérence du gouvernement britannique au sujet de Hong Kong», a déclaré l'ambassadeur, Liu Xiaoming, au cours d'une conférence de presse. «J'espère que le gouvernement britannique réalisera les conséquences et s'abstiendra de nouvelles ingérences pouvant nuire encore plus à la relation» entre la Chine et le Royaume-Uni, a-t-il dit.

L'ambassadeur a été convoqué mercredi au ministère britannique des Affaires étrangères pour un entretien sur Hong Kong, a fait savoir à l'AFP une source au sein du ministère, précisant que cet entretien aurait lieu plus tard dans la journée.

«C'est très décevant lorsque des hauts fonctionnaires de ce calibre montrent leur soutien envers des gens qui contreviennent à la loi», a aussi déclaré l'ambassadeur, faisant référence aux propos du chef de la diplomatie britannique Jeremy Hunt. Ce dernier avait exprimé le «soutien indéfectible» de son pays à «Hong Kong et à ses libertés» lundi, le jour du 22e anniversaire de la rétrocession de ce territoire à la Chine, marqué par l'assaut du parlement local par des manifestants hostiles au gouvernement pro-Pékin de Hong Kong.

Mardi, le ministre avait aussi menacé la Chine de «graves conséquences» si elle ne respectait pas l'accord de 1984 entre Londres et Pékin garantissant des droits et libertés dans son ex-colonie.

Aux termes de cet accord qui a présidé à son retour dans le giron chinois, Hong Kong jouit d'une semi-autonomie et de libertés n'existant pas en Chine continentale et ce, en théorie, jusqu'en 2047.

Accord «juridiquement contraignant»

Le ministre britannique des Affaires étrangères Jeremy Hunt le 25 juin 2019 à Londres [Tolga AKMEN / AFP]
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Le ministre britannique des Affaires étrangères Jeremy Hunt le 25 juin 2019 à Londres

 

«Message au gouvernement chinois : les bonnes relations entre les pays reposent sur le respect mutuel et le respect des accords juridiquement contraignants entre eux. C'est le meilleur moyen de préserver les excellentes relations entre le Royaume-Uni et la Chine», a tweeté M. Hunt mercredi, en réponse aux propos de Liu Xiaoming.

Dans un entretien avec Channel 4 news dans la soirée, M. Hunt a déclaré être «très préoccupé par la réaction en Chine aux commentaires que j'ai fait qui étaient très simples : nous voulons rester les meilleurs amis de la Chine, nous voulons commercer avec la Chine mais nous nous attendons à ce que les pays avec lesquels nous avons des accords internationaux contraignants respectent ces accords».

Avant les déclarations de son ambassadeur, la Chine avait annoncé avoir protesté officiellement contre les propos du chef de la diplomatie britannique.

Pour Pékin, Londres «semble être encore plongé dans les fantasmes des anciens colons britanniques», a dénoncé au cours d'un point presse Geng Shuang, un porte-parole de la diplomatie chinoise, soulignant que «le Royaume-Uni n'a plus la moindre souveraineté» sur le territoire semi-autonome.

Theresa May choquée

Mercredi, devant les députés britanniques, la Première ministre Theresa May avait déclaré avoir «directement» fait part de «ses inquiétudes aux autorités chinoises» au sujet de Hong Kong.

Theresa May a aussi dit avoir été «choquée par les scènes à Hong Kong lundi et l'usage de la violence au parlement local» et souligné que «la vaste majorité des centaines de milliers de personnes qui ont défilé l'ont fait de manière pacifique et légale».

A l'origine de la contestation, un projet de loi du gouvernement de Hong Kong autorisant les extraditions vers la Chine continentale a été suspendu, mais la colère est maintenant dirigée vers le gouvernement hongkongais dans son ensemble, accusé de laisser Pékin rogner les libertés.

«Il est vital que le haut degré d'autonomie de Hong Kong et les droits et les libertés instaurés par la déclaration commune sino-britannique soient respectés», a jugé Theresa May.

Boris Johnson, le favori pour la remplacer à la tête du gouvernement le 23 juillet, a de son côté affirmé qu'il «se ferait un plaisir de parler au nom (des manifestants hongkongais) et de les soutenir à chaque étape».

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