Des photos alertent sur les conditions des migrants au Texas, Trump répond

Les enquêteurs évoquent le manque d'accès à une douche, de repas chauds ou de vêtements de rechange, des conditions de détention qui ne répondent pas aux normes.[DHS/ OFFICE OF THE INSPECTOR GENERAL / AFP]

Des photos dévoilées par le ministère américain de la Sécurité intérieure (DHS) montrent des personnes entassées et les risques posés par la surpopulation et l'insécurité dans des centres de rétention de migrants au Texas.

Dans son rapport, l'Inspection général s'inquiète pour «la santé et la sécurité des agents et officiers du DHS ainsi que des détenus». Si les migrants ne sont «pas contents» de leurs conditions de rétention aux Etats-Unis, il faut leur dire de ne pas venir, a lancé mercredi Donald Trump, après la publication par son administration du rapport.

En mai, 144.000 personnes ont été arrêtées et placées en détention par la police aux frontières (CBP). Mais les places manquent dans ces structures ainsi que dans les centres d'accueil où les mineurs et les familles sont normalement transférés. Certains mineurs non accompagnés, âgés de moins de 7 ans, attendaient leur transfert depuis plus de deux semaines, dévoile l'organisme de surveillance interne.

Les enquêteurs évoquent également le manque d'accès à une douche, de repas chauds ou de vêtements de rechange, des conditions de détention qui ne répondent pas aux normes du ministère. Des clichés montrent également des détenus entassés dans des cellules bondées ou des salles séparées par des grillages, certains portant des masques sur la bouche.

«Bombe à retardement»

Plusieurs candidats à l'investiture démocrate pour la présidentielle de 2020 ont dénoncé les conditions décrites par le rapport. «Aucun être humain ne mérite d'être traité ainsi», a écrit sur Twitter Kamala Harris, deuxième dans les sondages.

Pour un responsable de centre, cité dans le rapport, la situation est une «bombe à retardement». Plusieurs incidents ont déjà eu lieu entre les détenus.

Les conditions de vie dans un centre de Clint avaient déjà été dénoncées par l'ONG Human Rights Watch la semaine dernière. Il accueillait alors 300 mineurs isolés depuis transférés.

Le site d'information indépendant ProPublica a par ailleurs révélé lundi l'existence d'un groupe Facebook où des agents de la police aux frontières échangent moqueries et insultes sur les migrants et les parlementaires opposés à la politique migratoire de Donald Trump. 

Le Congrès débloque 4,6 milliards de dollars

Un tribunal fédéral de Seattle a par ailleurs jugé mardi que son gouvernement ne pouvait pas maintenir en détention les demandeurs d'asile ayant franchi illégalement la frontière sans leur donner une chance d'être libérés sous caution. Un arrêté pris en avril ordonnait de ne plus autoriser ces demandes de libération.

Cette décision intervient après une semaine marquée par des drames à la frontière. La photo des corps d'un migrant et de sa fille en bas âge gisant au bord du Rio Grande a choqué l'opinion tout en venant rappeler les dangers encourus lors de la traversée de la frontière.

Pour faire face à la crise migratoire, le Congrès a approuvé la semaine dernière en urgence une enveloppe de 4,6 milliards de dollars. Elle prévoit des financements pour l'accueil des mineurs mais aussi pour le contrôle de la frontière.                             

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