Nouveau sauvetage pour l'Ocean Viking, Richard Gere en soutien aux «réfugiés» de l'Open Arms

Un membre de l'équipage de l'Ocean Viking participe au sauvetage de 85 migrants en Méditerrannée, le 9 août 2019 [Anne CHAON / AFP] Un membre de l'équipage de l'Ocean Viking participe au sauvetage de 85 migrants en Méditerrannée, le 9 août 2019 [Anne CHAON / AFP]

Le navire humanitaire Ocean Viking, affrêté par SOS Méditerranée et MSF, a secouru samedi 80 migrants, s'ajoutant aux 85 de la veille, tandis que l'Open Arms d'une ONG espagnole bataillait avec Malte et l'Italie pour débarquer 121 migrants, en mer depuis neuf jours, «proches du point de rupture», selon l'acteur Richard Gere venu les soutenir à Lampedusa.

Les 80 migrants embarqués sur l'Ocean Viking sont presque tous Soudanais et pour moitié des mineurs dont une forte proportion ayant entre 13 et 15 ans, et, selon MSF, leur embarcation était partie de Libye jeudi soir.

C'est la deuxième opération de secours conduite en 24 heures par l'Ocean Viking, où se trouve une journaliste de l'AFP. Le sauvetage de vendredi avait déjà permis de récupérer 85 personnes dont cinq femmes et quatre enfants.

Le canot pneumatique blanc sur lequel ils se trouvaient a été repéré grâce à un avion effectuant des survols sur la zone, selon le chef de mission de MSF, Jay Berger.

Environ 170 personnes, toutes originaires d'Afrique sub-saharienne, se trouvent désormais à bord du bateau humanitaire qui a quitté Marseille, dans le sud de la France, dimanche dernier.

«Clandestins non identifiés»

Le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini, qui a fait éclater jeudi la coalition populiste en Italie et mène déjà campagne en vue de probables élections à l'automne, a adressé un courrier au gouvernement de la Norvège, dont le navire Ocean Viking bat pavillon.

«L'Italie n'est pas juridiquement tenue, ni disposée à accueillir les immigrés clandestins non identifiés, se trouvant à bord de l'Ocean Viking», a-t-il écrit.

Des migrants qui viennent d'être recueillis à bord du navire Ocean Viking, affrêté par SOS Méditerranée et MSF, le 10 août 2019, en mer Méditerranée. [Anne CHAON / AFP]
Des migrants qui viennent d'être recueillis à bord du navire Ocean Viking, affrêté par SOS Méditerranée et MSF, le 10 août 2019, en mer Méditerranée.

Il a de la même manière interdit au navire de l'ONG espagnole Proactiva Open Arms de débarquer en Italie les migrants qui sont à son bord.

Samedi, Malte a «proposé de transférer 39 migrants à bord d'un navire des forces militaires, et de les débarquer sur le sol maltais, car ils ont été récupérés dans la zone de secours de compétence de Malte».

Mais La Valette ne veut pas accueilir 121 autres personnes hébergées sur l'Open Arms, après avoir été sauvées il y a neuf jours, au motif qu'elles ont été «interceptées dans une zone dont ni Malte ni l'autorité de coordination compétente n'est responsable».

Pour le fondateur de Proactiva Open Arms, Oscar Camps, cette position «a provoqué un sérieux problème de sécurité à bord. Le niveau d'anxiété de ces personnes est insoutenable».

«Pas des migrants, des réfugiés»

L'acteur américain Richard Gere, venu soutenir l'Open Arms, a pris la défense des ONG et des migrants samedi lors d'une conférence de presse à Lampedusa.

«La plupart des gens en parlent comme de migrants mais pour moi ce sont des réfugiés en fuite», a déclaré la star américaine Richard Gere, assise aux côtés de dirigeants de l'ONG Proactiva.

Extrait d'une vidéo de l'ONG espagnole Proactiva Open Arms, montrant l'acteur américain Richard Gere et des migrants à bord d'un navire affrêté par l'association, le 9 août 2019, dans la mer Méditerranée. [HO / PROACTIVA OPEN ARMS/AFP]
Extrait d'une vidéo de l'ONG espagnole Proactiva Open Arms, montrant l'acteur américain Richard Gere et des migrants à bord d'un navire affrêté par l'association, le 9 août 2019, dans la mer Méditerranée.

«Ce sont 121 histoires différentes, ce sont des gens extraordinaires, ils sont si forts, ils ont vécu des horreurs, un enfer, la torture, les viols, l'emprisonnement», a ajouté l'acteur, en disant n'«en avoir rien à faire de la politique» et «vouloir seulement aider des gens en détresse».

Il a fait allusion à la «très bizarre situation politique» américaine «avec un président qui place beaucoup d'énergie dans la déshumanisation». «Nous avons nos réfugiés venant du Honduras, du Salvador, du Nicaragua, du Mexique, c'est très similaire à ici». Mais «partout sur la terre, il faut arrêter de diaboliser les êtres humains», a plaidé l'acteur.

Vendredi, il était monté sur l'Open Arms pour rencontrer l'équipage et les migrants dont une trentaine sont mineurs et leur apporter de l'eau et de la nourriture. Les migrants sont «en bonne forme mais ils se rapprochent du point de rupture», avait-il souligné.

Une situation confirmée par M. Camps samedi : «le plus important c'est la santé de ces personnes et chaque jour qui passe, la situation se détériore».

«Aucun décret, aucune amende, ni code de conduite ne nous empêchera de protéger les vies humaines en mer», a-t-il ajouté, avant de renouveler ses critiques envers Malte. «On ne peut pas évacuer 39 personnes et dire aux 121 autres qu'elles ne peuvent pas débarquer, ce n'est ni juste ni logique».

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