Emmanuel Macron juge l'Otan en état de «mort cérébrale»

Le logo de l'OTAN sur le pupitre du secrétaire général Jens Stoltenberg, lors d'une conférence de presse le 23 octobre 2019 à Bruxelles [Aris OIKONOMOU / AFP] Le logo de l'OTAN sur le pupitre du secrétaire général Jens Stoltenberg, lors d'une conférence de presse le 23 octobre 2019 à Bruxelles. [Aris OIKONOMOU / AFP]

«Ce qu’on est en train de vivre, c’est la mort cérébrale de l’OTAN», a déclaré Emmanuel Macron à l'hebdomadaire The Economist publié jeudi, l'expliquant par le désengagement américain vis-à-vis de ses alliés de l'Otan et le comportement de la Turquie, membre de l'alliance atlantique.

Il faut «clarifier maintenant quelles sont les finalités stratégiques de l'Otan», a affirmé le chef de l’État en plaidant à nouveau pour «muscler» l'Europe de la Défense, alors qu'un sommet de l'Otan aura lieu à Londres début décembre.

«Vous n'avez aucune coordination de la décision stratégique des États-Unis avec les partenaires de l’Otan et nous assistons à une agression menée par un autre partenaire de l’Otan, la Turquie, dans une zone où nos intérêts sont en jeu, sans coordination», a-t-il souligné. «Ce qui s’est passé est un énorme problème pour l’Otan».

Dans ces conditions, le chef de l’État s'interroge en particulier sur l'avenir de l'article 5 du traité atlantique, qui prévoit une solidarité militaire entre membres de l'Alliance si l'un d'entre eux est attaqué.

«C’est quoi l’Article 5 demain ? Si le régime de Bachar al-Assad décide de répliquer à la Turquie, est-ce que nous allons nous engager ? C’est une vraie question. Nous nous sommes engagés pour lutter contre Daesh. Le paradoxe, c’est que la décision américaine et l’offensive turque dans les deux cas ont un même résultat : le sacrifice de nos partenaires sur le terrain qui se sont battus contre Daesh, les Forces Démocratiques Syriennes», estime Emmanuel Macron.

Cela rend pour lui d’autant plus «essentiel d’une part, l’Europe de la défense – une Europe qui doit se doter d’une autonomie stratégique et capacitaire sur le plan militaire. Et d’autre part, rouvrir un dialogue stratégique, sans naïveté aucune et qui prendra du temps, avec la Russie».

«Le président Trump, j’ai beaucoup de respect pour cela, pose la question de l’Otan comme un projet commercial. Selon lui c’est un projet où les États-Unis assurent une forme d’ombrelle géopolitique, mais en contrepartie, il faut qu’il y ait une exclusivité commerciale, c’est un motif pour acheter américain. La France n’a pas signé pour ça», a-t-il averti.

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