Joe Biden et son homologue chinois Xi Jinping s'entretiendront ce lundi par visioconférence. Un échange attendu alors que la situation à Taïwan cristallise les tensions entre Chine et Etats-Unis.
L'entretien aura lieu dans la soirée, heure de Washington. Il s'agit du troisième depuis l'arrivée de Joe Biden à la Maison Blanche. Le président américain aurait souhaité rencontrer en personne le leader chinois et n'a pas manqué de pointer son absence lors des récents sommets du G20 et de la COP26. Mais Xi Jinping, qui n'a pas quitté la Chine depuis le début de la pandémie, n'accepte que les rencontres virtuelles.
Les deux hommes vont «discuter des moyens de gérer de manière responsable la compétition» entre les deux puissances et de la manière de «travailler ensemble quand nos intérêts se rejoignent», a indiqué en amont de la réunion la porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki.
Xi Jinping, un président plus fort que jamais
La Chine demeure la préoccupation majeure de Washington en termes de politique étrangère, alors que son président Xi Jinping ne cesse de renforcer son emprise sur le régime. En témoigne l'adoption jeudi par le Parti communiste chinois d'un nouveau texte, qui déclare la «pensée» de l'homme fort de Pékin comme «la quintessence de la culture et de l'âme chinoises» et qui appelle «le Parti, l'armée et le peuple tout entiers à s'unir plus étroitement autour du Comité central dont Xi Jinping forme le coeur».
Les sujets de discorde entre les deux pays ne manquent pas. Outre des différends anciens sur le commerce ou les droits de l'Homme, c'est la stratégie expansionniste de la Chine en Asie du sud-est qui inquiète Joe Biden.
Ces dernières semaines, les tensions sont encore montées d'un cran au sujet du sort de Taïwan. Dirigée par un gouvernement indépendant de Pékin depuis l'arrivée au pouvoir des communistes en 1949, l'île est la cible de pressions chinoises depuis plusieurs semaines. En octobre, Xi Jinping avait ainsi promis une «réunification» inéluctable entre Chine et Taïwan.
La chine reste ferme sur la question taïwanaise
Après des déclarations de Joe Biden qui suggéraient que les Etats-Unis étaient prêts à intervenir si la Chine attaquait l'île, les diplomates américains sont revenus à une ligne plus classique en prononçant de simples mises en garde.
Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a ainsi exhorté Pékin à résoudre ses différends avec Taïwan «pacifiquement et de manière conforme aux souhaits et aux intérêts du peuple sur Taïwan». Son homologue chinois, Wang Yi, a de son côté averti que «toute connivence ou soutien envers les forces pour "l'indépendance de Taïwan" nuit à la paix dans le détroit de Taïwan et ne peut que faire boomerang».
Dans ce contexte de haute nervosité, la réunion de ce lundi est censée maintenir les «canaux de communication» ouverts au plus haut niveau, après des contacts à l'échelon ministériel qui ne se sont pas toujours très bien passés récemment.
Le climat, terrain d'entente ?
Les Etats-Unis souhaitent par ailleurs mettre en avant les terrains de coopération avec la Chine. Les deux pays les plus émetteurs de gaz à effet de serre au monde ont par exemple annoncé cette semaine la mise en place d'un groupe de travail bilatéral pour favoriser leur lutte conjointe contre le changement climatique.
«Notre relation avec la Chine est l'une des plus importantes et l'une des plus complexes que nous ayons», a résumé vendredi Antony Blinken. «Il y a diverses dimensions : de la coopération, de la compétition et de la confrontation, et nous allons agir sur ces trois aspects simultanément», a-t-il ajouté, se félicitant d'avoir constaté «un certain progrès» de la part de la Chine sur les questions liées au climat.
![La structure observée en Chine ressemble à un navire américain. [Handout / Satellite image ©2021 Maxar Technologies / AFP]](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/000_9r96xq-taille1200_618947ea1e123_0.jpg?itok=V-INSOgk)