Alors que l’offensive russe en Ukraine se poursuit, l’Agence internationale de l’Énergie atomique (AIEA) a déclaré lundi soir avoir reçu des informations sur le bombardement d’un bâtiment de recherche nucléaire dimanche à Kharkiv, deuxième ville assiégée d'Ukraine.
Il ne s’agit pas d’une centrale mais bien d’un site appartenant à l'Institut de physique et de technologie de Kharkiv, un institut de recherche qui produit du matériel radioactif pour des applications médicales et industrielles.
L’AIEA a signalé que «l'inventaire de matières radioactives du site est très faible», et selon ses informations, les dommages causés par les obus n’ont eu «aucune conséquence radiologique». Les niveaux de radiation sur le site sont restés stables après le bombardement.
L’#Ukraine a informé l’AIEA qu’une nouvelle installation de recherche nucléaire produisant des radio-isotopes pour les applications médicales et industrielles avait été endommagée par les bombardements à #Kharkiv dimanche. https://t.co/qLDozNuuyw
— IAEA - International Atomic Energy Agency (@iaeaorg) March 7, 2022
Vendredi dernier, les soldats russes ont pris le contrôle de Zaporijia, la plus grande centrale d'Europe, à la suite de combats avec les troupes ukrainiennes, qui ont provoqué un incendie, détruisant notamment un laboratoire scientifique. Là encore aucune fuite radioactive n’a été signalée. Au début du conflit, le 24 février dernier, l’armée russe a aussi pris le contrôle de Tchernobyl, qui avait été le théâtre d’un accident nucléaire majeur en 1986.
«L’incident survenu dimanche met en relief une fois de plus les risques qui pèsent sur les installations nucléaires de l’Ukraine pendant le conflit armé», a déclaré l’AIEA dans un communiqué.
Face au risque croissant d’accidents nucléaires, le directeur général de l'AIEA Rafael Grossi a proposé de se rendre en Ukraine pour établir «un cadre garantissant la sécurité des sites nucléaires pendant le conflit», et ainsi éviter des accidents comme celui de Zaporijia, mais ce déplacement est «compliqué» à organiser selon l'organisation.
![Créée par les Nations unies en 1957, l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA) réunit désormais 173 pays membres depuis son instauration.[ALEX HALADA / AFP]](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/000_9uu2um-taille1200_6222289623f14.jpg?itok=cyS-T4mu)