Le gouverneur républicain du Texas, Greg Abbott, a émis un décret jeudi 7 juillet autorisant les forces de l'ordre de son Etat à raccompagner à la frontière les migrants qui l'auraient traversée illégalement, un pouvoir réservé normalement à l'Etat fédéral américain.
Deux semaines après la tragédie de San Antonio qui a vu le décès de 53 migrants dans un camion surchauffé et surchargé, le gouverneur du Texas, Greg Abbott, a signé un décret permettant à son département de la Sécurité publique et la Garde nationale du Texas d'«appréhender les immigrants illégaux qui ont illégalement traversé la frontière» et de les «renvoyer à la frontière».
«Alors que le président Biden refuse de faire son travail et d'appliquer les lois sur l'immigration votées par le Congrès, l'Etat du Texas monte une nouvelle fois au créneau et prend des mesures sans précédent pour protéger les Américains et sécuriser notre frontière sud», a déclaré l'élu dans un communiqué.
In addition to building the border wall & deploying Texas National Guard & State Troopers, Texas took further action today to secure the border.
— Greg Abbott (@GregAbbott_TX) July 8, 2022
In Biden's absence, we will continue to keep Texans & Americans safe.
No other state is doing more. pic.twitter.com/njOm5CxoLN
Le décret devrait voir le Texas entrer en conflit avec l'Etat fédéral qui est le seul aux Etats-Unis à avoir compétence en matière d'immigration. L'étendue réelle de son application demeure également floue.
«Rester au Mexique»
Dans la foulée de l'annonce du gouverneur texan, le gouvernement mexicain a affirmé qu'il «rejetait» ce décret et souligné que l'application des lois relatives à l'immigration était du ressort exclusif du gouvernement fédéral.
«Par conséquent, cette décision ne peut se comprendre que comme entrant dans le cadre des campagnes électorales dans l'Etat du Texas», fait valoir le gouvernement mexicain dans un communiqué.
L'annonce du gouverneur Abbott intervient une semaine après que la Cour suprême a donné raison à Joe Biden, qui avait annulé un décret migratoire contesté de l'ex-président Donald Trump consistant à renvoyer au Mexique les demandeurs d'asile arrêtés à la frontière pendant l'examen de leur dossier.
La mesure, baptisée «Rester au Mexique» (Remain in Mexico), avait été mise en œuvre en 2019 au moment où les Etats-Unis enregistraient un afflux de réfugiés à la frontière avec le Mexique.
Joe Biden recevra le 12 juillet son homologue mexicain Andres Manuel Lopez Obrador qui avait déjà déclaré que la migration serait une question «centrale» lors de ses entretiens avec le président américain.
Chaque année, des milliers de migrants d'Amérique centrale, des Caraïbes, du Venezuela, et du Mexique tentent de traverser la frontière américano-mexicaine, une séparation longue de plus de 3.000 km.
![Au cours du seul mois d'avril, ce sont plus de 600 mineurs, parfois arrivés seuls et au péril de leur vie, qui ont été expulsés. [Photo d'illustration / PAUL RATJE / AFP].](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/us_border_migrants_paul_ratje_afp_5ebd3d1e9fa1f.jpg?itok=ydxdhe2I)