Ce lundi, le président de la République, Emmanuel Macron, va descendre les Champs-Élysées en amont du défilé du 14-Juillet. Un instant très solennel lors duquel Jacques Chirac avait subi une tentative d'assassinat en 2002. Retour sur un événement qui avait marqué les esprits.
La Fête nationale avait failli tourner au drame. Ce lundi 14 juillet, le traditionnel défilé des armées françaises va avoir lieu sur les Champs-Élysées. Traditionnellement, après avoir passé en revue les troupes, Emmanuel Macron va descendre la plus belle avenue du monde.
C'est à ce moment très symbolique du défilé que Jacques Chirac a subi une tentative d'assassinat, le 14 juillet 2002. Alors que le chef de l'Etat venait de quitter la place de l'Etoile à bord de son véhicule, un jeune homme, Maxime Brunerie, sympathisant d'extrême droite de 25 ans, a tenté de le tuer par balle.
Il s'était posté au milieu des spectateurs massés derrière les barrières métalliques et avait caché une carabine 22 Long Rifle dans un étui à guitare. Maxime Brunerie, qui disposait d'un chargeur plein de cinq cartouches, était parvenu à épauler son arme et à viser le président, mais son tir avait été détourné par un touriste alsacien : Jacques Weber.
«Je voulais faire quelque chose d'historique»
D'autres spectateurs s'étaient par la suite joints à l'effort pour le désarmer et le maîtriser, avant d'être rejoints par des policiers. Jacques Chirac, lui, ne s'était sur le moment rendu compte de rien. Mis en examen pour «tentative d'assassinat» le 2 août suivant, Maxime Brunerie avait été écroué à la prison parisienne de la Santé, dans le service médico-psychologique.
Ce jeune homme côtoyait le mouvement d'extrême droite Unité radicale qui a été interdit peu après, le 6 août 2002, avant de réapparaître plus tard sous l'appellation «Jeunesses identitaires». La veille de l'attaque, Maxime Brunerie avait écrit : «Regardez la télé dimanche, je serai la star», sur un site néo-nazi.
Après deux expertises psychiatriques contradictoires, le tireur avait finalement été jugé pénalement responsable de ses actes au moment des faits et donc en mesure de comparaître devant les Assises. En décembre 2004, il a été condamné à dix ans de réclusion criminelle.
Devant le juge, Maxime Brunerie avait dit regretter son geste et écarté toute motivation politique. «Je voulais faire quelques chose d'historique, avait-il expliqué lors du procès. Je voulais me suicider en faisant parler de moi.»
Libéré en août 2009, il s'est exprimé à la radio peu de temps après la fin de sa détention, assurant avoir «complètement pété les plombs». Il a retracé son histoire dans un livre, «Une vie ordinaire», publié en 2011.