Un homme accusé de blasphème a été tué par la police ce mercredi 18 septembre. C’est la deuxième exécution extrajudiciaire en moins d’une semaine au Pakistan.
Une mort qui interroge. Shah Nawaz, un médecin du district d'Umerkot, au Pakistan, a été tué par la police ce mercredi 18 septembre. L’homme se cachait depuis deux jours après avoir été accusé d’avoir proféré et partagé sur les réseaux sociaux des blasphèmes à l’encontre du prophète de l'islam Mahomet.
La police a indiqué ce jeudi que le médecin et un complice, qui a pris la fuite, avaient ouvert le feu sur les forces de l’ordre. Ces dernières ont riposté et l’ont abattu avant de découvrir l’identité de l’homme qu'ils recherchaient pour le blasphème présumé.
Néanmoins, cette mort est considérée comme suspecte par la Commission indépendante des droits de l'homme du Pakistan (HRCH). Dans un communiqué rapporté par CNN, la Commission s’est déclarée : «gravement préoccupée par l'exécution extrajudiciaire présumée de deux personnes accusées de blasphème. (…) Ce type de violence dans les cas de blasphème, dans lesquels les forces de l'ordre seraient impliquées, est une tendance alarmante».
Une violente manifestation la veille de sa mort
La veille de sa mort dans cette fusillade, considérée comme suspecte par la HRCH qui demande une enquête indépendante, une large manifestation avait eu lieu devant la clinique de Shah Nawaz pour demander son arrestation. Cette dernière a d’ailleurs été incendiée par les manifestants.
Le 12 septembre dernier, un policier a ouvert le feu dans un commissariat de police de Quetta, dans le sud-ouest du pays. Il a abattu Syed Khan qui était également accusé de blasphème. Il avait été arrêté par la police alors qu’une foule en colère tentait de lui faire du mal pour avoir insulté le prophète.
La famille de Syed Khan a indiqué gracier le policier de son crime, estimant que la victime avait blessé les musulmans par son comportement blasphématoire.
Au Pakistan, une personne reconnue coupable de blasphème envers l’Islam peut être condamnée à mort. Ces dernières années, les attaques à l’encontre des personnes suspectées d’avoir eu un tel comportement se sont multipliées.
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