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Argentine : le taux de pauvreté dépasse les 50 % dans le pays

La baisse des subventions octroyées à l'énergie et aux transports a fait grimper les coûts, impactant directement le pouvoir d’achat des Argentins. [©Mariana NEDELCU/REUTERS]

Les chiffres relayés ce jeudi par l’institut national de statistiques et de recensement (Insec) en Argentine ont démontré que 52,9% des personnes vivant dans les 31 plus grandes agglomérations du pays étaient en situation de pauvreté lors du premier semestre 2024.

Des chiffres vertigineux qui démontrent l’étendue de la crise économique en Argentine. L’institut national de statistiques et de recensement (Insec), une agence gouvernementale relevant directement du ministère de l’économie, a relayé jeudi dans un rapport des données inquiétantes concernant le taux de pauvreté en Argentine.

Ce dernier est situé à 52,9% pour le premier semestre 2024 en analysant les résultats récoltés dans les 31 agglomérations les plus peuplées du pays. Or, un tel chiffre n’avait plus été atteint depuis deux décennies, date de la dernière crise économique majeure secouant l’Argentine.

A titre de comparaison, cela représente 3,4 millions d’Argentins supplémentaires qui ont basculé dans la pauvreté cette année par rapport à la précédente.

«Ce nouveau programme économique ne protège pas les pauvres»

Élu en décembre dernier à la présidence de l’Argentine, Javier Milei a mené depuis cette date une politique économique d’austérité de grande ampleur dans le pays afin de réduire drastiquement l’inflation et la dette. Il avait d’ailleurs fait campagne une tronçonneuse à la main pour symboliser les coupes budgétaires qu'il prévoyait, notamment dans les dépenses publiques.

Une fois au pouvoir, Javier Milei a entrepris une série de mesures impactant directement les personnes les plus défavorisées. Il a notamment mis en œuvre le gel des pensions, la réduction de l’aide aux soupes populaires, la suppression des programmes d'aide sociale et l’interruption de tous les projets de travaux publics. Une dizaine de milliers de fonctionnaires ont aussi été licenciés. 

La baisse des subventions octroyées à l'énergie et aux transports a fait grimper les coûts, impactant aussi directement le pouvoir d’achat des Argentins. «Ce nouveau programme économique ne protège pas les pauvres. Le bond est absolument épouvantable», a résumé Kirsten Sehnbruch, spécialiste de l'Amérique latine à la London School of Economics and Political Science, pour The Guardian.

Une politique de baisse de l’inflation qui plait au FMI

La politique économique menée par Javier Milei a été saluée par les marchés, les investisseurs et le Fonds monétaire international, auquel l'Argentine doit 43 milliards de dollars, soit 38,5 milliards d’euros. 

A noter que l’inflation mensuelle a progressivement baissé depuis la prise de pouvoir de Javier Milei, passant de près de 26% en décembre à environ 4 % en juin. L’inflation annuelle en Argentine est néanmoins l’une des plus élevées au monde, avec un taux dépassant les 230 %.

«La question est de savoir si ce resserrement de ceinture sera bénéfique. Que se passera-t-il ensuite ? Peut-il réellement contrôler les dépenses du secteur public ? Peut-il soutenir la monnaie ? Sans cela, on ne fait que créer de la pauvreté», a souligné Christopher Sabatini, chercheur principal pour l'Amérique latine à Chatham House, pour le journal britannique.

La popularité de Javier Milei en Argentine baisse de 15% en septembre

Pour se défendre de ce bilan économique critiqué, le porte-parole présidentiel a déclaré que le gouvernement avait «hérité d'une situation désastreuse» de la part des précédents gouvernements de gauche. «Ils nous ont laissé un pays dont la quasi-totalité des habitants sont pauvres. Le niveau de pauvreté est épouvantable. Nous faisons tout, tout pour que cette situation change», a estimé Manuel Adorni.

Longtemps placé haut dans les sondages, Javier Milei a vu peu à peu sa cote de popularité s’effriter, au point de perdre 15% d’opinions favorables en septembre selon une enquête publiée ce lundi. D’après les récents sondages, les craintes liées à l'inflation ont été supplantées par les craintes liées à la perte d'emploi et à la pauvreté.

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