Le 28 décembre 2014, un Airbus 320-200 d'AirAsia Indonesia s'écrasait en mer de Java, après une quarantaine de minutes de vol, ne laissant aucun survivant. Un an après les faits, un rapport dévoilait qu'une pièce défectueuse était la cause principale du crash.
C’était il y a dix ans, jour pour jour. Le 28 décembre 2014, le vol QZ8501 d'AirAsia Indonesia, assurant la liaison entre Surabaya (Indonésie) et Singapour, disparaissait des radars.
A bord de l’appareil - un Airbus A320-200 - se trouvaient 162 personnes : 155 passagers (dont 150 indonésiens), et 7 membres d’équipage. Il était 5h35 lorsque l’Airbus a décollé, un dimanche matin, depuis l’aéroport international Juanda. Pourtant, seulement 42 minutes après son départ, Jakarta a perdu tout contact avec le vol.
Des médias asiatiques ont affirmé que l’avion avait chuté dans la mer de Java, au large de l'île Belitung. De plus, il a été dévoilé que peu de temps avant la disparition de l’appareil, le pilote avait demandé l’autorisation au contrôle aérien de Jakarta de modifier son plan de vol, cherchant à prendre de l’altitude en raison de mauvaises conditions météorologiques.
98 corps récupérés sur les 162 victimes
Des opérations de recherches avaient immédiatement été lancées, par la compagnie aérienne et l’armée de l’air indonésienne, afin de tenter de localiser l’avion. Singapour avait également proposé son aide, tout comme le Royaume-Uni, la France et la Chine.
Finalement, ces recherches aériennes avaient permis de repérer des débris de l’épave, le 30 décembre 2014, soit deux jours après le crash. Le corps de trois victimes avait alors été retrouvés, à 160 kilomètres au large des côtes de Bornéo.
Le 12 janvier 2015, 48 cadavres, encore attachés à leur siège, avaient également été découverts ainsi que de nombreux vestiges.
Des débris d’une porte de secours et un toboggan gonflable ont aussi été récupérés à cette date, suggérant qu’un processus d’évacuation pourrait avoir été entamé au moment du drame.
L’armée indonésienne avait annoncé la fin des recherches le 27 janvier 2015, avec un total de 98 corps récupérés, dont celui des deux pilotes et les fameuses boîtes noires.
Un co-pilote français
Les enregistrements de ces boîtes ont rapidement dévoilé de précieux éléments. En effet, juste avant l’accident, «le commandant en second, souvent appelé co-pilote, habituellement assis à la droite du cockpit, était, à ce moment-là, aux commandes de l'avion», avait expliqué le chef enquêteur de la Commission nationale indonésienne de sécurité des transports, lors d'une conférence de presse donnée le 29 janvier 2015. «Le capitaine, assis à gauche, surveillait le vol», avait-il ajouté.
Les enregistrements laissaient aussi penser que le pilote avait déconnecté les ordinateurs de bord, coupant ainsi le pilotage automatique. Le co-pilote n’aurait pas réussi à reprendre le contrôle de l’avion, en pilotage manuel.
Le co-pilote était un homme, français, de 45 ans. La famille de ce dernier avait porté plainte contre la compagnie aérienne pour mise en danger de la vie d’autrui, s’appuyant sur le fait que le groupe n’avait pas l’autorisation de vol pour la liaison entre la ville de Surabaya et Singapour le jour du crash, d’après les dires du ministère indonésien des Transports de l’époque.
Une pièce défectueuse dans l'A320
Au moment des faits, la théorie principale évoquait une montée en altitude de l’avion trop rapide, pour échapper à la mauvaise météo, entraînant une perte de contrôle de l’appareil.
Près d’un an après l’accident, en décembre 2015, la commission d'enquête de l'aviation civile indonésienne avait rendu public son rapport final. Dans ce dernier, ils soulignaient une pièce défectueuse de l’Airbus A320 comme la cause principale du crash.
En effet, au cours de l’année 2014, l’ordinateur de bord de l’appareil avait connu pas moins d’une vingtaine de dysfonctionnements, en raison d’une fissure. Pendant les quarante minutes du vol de l’Indonesia AirAsia, l’ordinateur aurait failli quatre fois. L’équipe a donc désactivé l’ordinateur à bord et le pilote automatique pour tenter de le réparer.
«La réaction de l'équipage a eu pour conséquence son incapacité à contrôler l'avion (...), ce qui a conduit l'avion à sortir de son domaine de vol normal et à entamer un décrochage prolongé que l'équipage n'a pas été en mesure de corriger» précisait le rapport final.
En 2025, une association créée par des membres de familles de victimes demandait des excuses officielles à AirAsia, ainsi que des réformes du secteur aérien indonésien.
2014 avait été une année particulièrement noire pour l’aviation - la compagnie Malaysia Airlines avait perdu deux avions : le vol MH370, dont la disparition reste encore inexpliquée.