L’actrice sud-coréenne Kim Sae-ron a été retrouvée morte à son domicile dimanche dernier. La piste du suicide, fortement privilégiée par les autorités, remet sur la table la question de la pression extrême à laquelle sont exposés les stars sud-coréennes.
«Combien de vies vont encore devoir être brisées avant que ce cercle vicieux ne prenne fin ?», a déclaré la journaliste Yang Sung-hee à la suite de l’annonce du décès de l’actrice coréenne de 24 ans Kim Sae-ron.
Ces dernières années, la jeune artiste avait vu sa carrière s’effondrer lentement à la suite d’un accident de voiture qu’elle avait provoqué en étant au volant en état d’ébriété à Séoul.
Même des dizaines d’excuses sur les réseaux sociaux et les plateaux de télévision n’avaient pas suffi à calmer la colère de ses fans, qui estimaient qu’elle n’était «pas assez désolée». À tel point que l’ancienne enfant star avait dû renoncer à son travail en tant qu’actrice et travailler dans un coffee-shop pour survivre.
Dimanche dernier, après des années de harcèlement en ligne, la jeune femme a été retrouvée sans vie à son domicile. Le suicide est presque devenu monnaie courante dans l’industrie artistique coréenne, un milieu qui expose ses artistes à une pression extrême, voire insoutenable, tel «un Squid Game géant», rapporte The Guardian.
Le culte de la perfection
En Corée du Sud, et notamment dans la sphère des célébrités, le culte de la perfection règne en maître. La perfection physique, la perfection artistique et surtout la perfection comportementale, en public, comme en privé.
Les artistes, en particulier les Idols (nom qui désigne les chanteurs et chanteuses de K-pop), sont soumis par leurs agences à des routines très strictes. Ils ne peuvent pas dépasser un certain poids, souvent compris entre 45 et 50 kilos pour les femmes et 50 et 70 kilos pour les hommes.
Ils ont l’interdiction d’entretenir des relations amoureuses publiques afin de préserver une certaine image de sex-symbol auprès des fans. Ils n’ont pas non plus le contrôle sur leurs réseaux sociaux et doivent toujours présenter une image d’eux souriante et joviale.
Ce niveau d’exigence poussé à l’extrême, que l’on retrouve moins dans d'autres pays, à l'image d’Hollywood aux Etats-Unis, où les artistes sont beaucoup plus libres de leurs images, est pourtant considéré comme une norme en Corée du Sud. Norme qui pousse les fans à scruter les moindres faits et gestes de leurs idoles et à les pointer du doigt au premier faux pas.
Des fans parfois toxiques
Parmi les fans de K-pop, de nombreuses «fan bases» apportent une pression supplémentaire de celle des agences aux artistes. Due à leur proximité avec leur public, les Idols sont considérés par leurs fans comme leur propriété. Pour exemple : en 2017, une pétition avait été lancée par les fans du boys band Super Junior pour faire renvoyer un de leur membre : Sungmin, qui s’était simplement mis en couple.
Idem lorsque RM, le leader du célèbre groupe BTS était apparu lors d’une interview avec une bague décorative à l’annulaire et avait été accusé d’être marié, il avait dû faire de longues excuses publiques.
Sully, Jonghyun ou encore Yang Sung-hee, de plus en plus de star sud-coréenne mettent fin à leurs jours à cause du harcèlement qu’ils reçoivent de leur fan et de la pression excessive que leur impose leur agence. Combien de perte seront encore nécessaire pour que les choses changent ? C’est la question que de plus en plus de fans, surtout à l’international, se posent.