Alors que Donald Trump durcit le ton face à son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, ce dernier voit une vague de désinformation inonder les réseaux sociaux américains, derrière laquelle les spécialistes du sujet voient la main de Moscou.
Les deepfakes, des contenus truqués par l’intelligence artificielle, et les fakes news ont pris d’assaut les réseaux sociaux américains, notamment X.
Visant en grande majorité Volodymyr Zelensky et lui attribuant des achats de propriétés de luxes ou des contenus à caractère sexuel, l’AFP a pu mettre en évidence plusieurs fausses informations. Parmi elles, une affirmant que le président ukrainien avait interdit dans son pays la plateforme Truth Social de son homologue américain Donald Trump.
«Nous observons une résurgence notable de la désinformation visant l’Ukraine sur les réseaux sociaux américains, souvent avec des contenus qui sont réutilisés après avoir servi lors de précédentes campagnes d’influence russe», a expliqué à l'AFP McKenzie Sadeghi, dont l’organisation NewsGuard analyse la fiabilité des sites et contenus en ligne.
Une campagne organisée par la Russie ?
Pour les spécialistes de l’ISD (Institute for Strategic Dialogue), il fait peu de doute que la Russie soit derrière l’émergence de cette campagne de désinformation.
«La Russie veut convaincre les négociateurs américains que l’Ukraine est leur ennemi, pas leur partenaire. C’est un moyen pour le Kremlin de soutirer des conditions favorables d’un éventuel accord de paix», a analysé le directeur de recherche à l’ISD, Joseph Bodnar.
Pour l’heure, la machine à désinformer est en marche sur la toile. À tel point que certains proches de Donald Trump participent à sa propagation : Donald Trump Jr, le fils du président, a partagé un vieux deepfake dans lequel Volodymyr Zelensky danse en tenue moulante.
Zelenskyy should really just go win the war without our endless $$$. Let’s see how that works out. https://t.co/fugXuhtggp
— Donald Trump Jr. (@DonaldJTrumpJr) February 19, 2025
Le sénateur républicain Mike Lee a lui aussi offert une caisse de résonance à des images trompeuses, censées montrer des soldats ukrainiens en train de brûler une effigie du président américain.
Entre le 18 et le 24 février, NewsGuard a recensé près de 28.000 publications et articles mentionnant le président ukrainien en lien avec l’acquisition d’une villa, un yacht ou encore un domaine viticole.