Le Premier ministre Hongrois Victor Orban est passé à l'offensive en qualifiant avec virulence ses opposants, les institutions européennes et les corps de métiers qui s'élèvent, selon lui, contre sa politique.
Une réthorique guerrière qui n'augure rien de bon. Victor Orban, le Premier ministre hongrois, n'a pas mâché ses mots lors d'un manifestation donnée à l'occasion de la fête nationale ce samedi. En qualifiant ses opposants réels ou supposés de «punaises» qui ont «survécu à l'hiver» et qu'il faudra nettoyer, le dirigeant nationaliste a franchi une limite dans sa réthorique.
Toujours durant ce rassemblement interdit à la majorité des médias, ce dernier s'est promis de «démanteler une machine financière qui, grâce à des dollars corrompus, a acheté des politiciens, des juges, des journalistes, de fausses organisations civiles.»
Il s'est aussi attaqué aux institutions européennes dans des propos aux accents guerriers : «Nous liquiderons cette armée de l'ombre, des protégés de Bruxelles oeuvrant contre la patrie.» Ces mêmes protégés à qui il a aussi promis «l'enfer».
Galvanisé par l'élection de Donald Trump
Des propos virulents, voire violents qui indiquent que, pour le dirigeant hongrois, le plafond de verre a été brisé en matière de réthorique politique. Il faut dire que l'élection de Donald Trump à la tête des Etats-Unis a quelque peu galvanisé le Premier ministre, qui s'apprête à modifier en profondeur la Constitution hongroise.
Le gouvernement compte modifier la Constitution pour pouvoir temporairement déchoir de leur nationalité les binationaux qui menaceraient la sécurité nationale. Sa cible ? Le milliardaire philanthrope George Soros, 94 ans, né à Budapest et naturalisé américain et bête noire du pouvoir hongrois.
A la tête de la Hongrie depuis 2010, Victor Orban a progressivement mis au pas les contre-pouvoirs, revendiquant l'exercice d'une «démocratie illibérale».