Si son état s'est bien amélioré, le pape François doit «réapprendre à parler» , a indiqué ce vendredi le cardinal Victor Manuel Fernández, préfet du dicastère pour la Doctrine de la foi et proche du souverain pontife, lors d'une conférence de presse.
Un rétablissement qui prendra du temps. Le pape François est «très bien physiquement», mais doit désormais «réapprendre à parler», a affirmé le cardinal Victor Manuel Fernández, préfet du dicastère pour la Doctrine de la foi, à des journalistes, dont I.MEDIA, lors d’une conférence organisée à proximité du Vatican le 21 mars 2025.
Le cardinal, qui a écarté une éventuelle renonciation de son compatriote argentin, a confié que ce dernier «ne voulait pas aller à l’hôpital» au départ. Il a estimé que le pontife de 88 ans, soigné depuis cinq semaines pour une infection respiratoire à la polyclinique Gemelli, ne sera pas en mesure de célébrer Pâques en public.
Une thérapie pour retrouver sa voix
Présent à l’occasion de la présentation d’un livre du jésuite Antonio Spadaro consacré au rapport du pape François à la poésie, le cardinal argentin, ami de longue date du pontife, a confié à la presse qu’il avait eu des occasions d’être en contact avec lui – sans toutefois lui rendre visite physiquement, conformément aux exigences des médecins -, et qu’il l’avait trouvé «très bien».
Cependant, il a déclaré que François avait des difficultés à s’exprimer à cause du «temps passé avec l’oxygène à haut débit» et qu’il aurait donc besoin de temps pour «réapprendre à parler». Il devra suivre une thérapie pour récupérer sa voix et faire travailler ses muscles qui sont restés longtemps inactifs, a-t-il expliqué.
Mais ces limites physiques ne mettent pas en cause, selon lui, la poursuite de son pontificat.
Selon une source vaticane, les difficultés du pontife à parler pourraient s’atténuer avec la baisse de son débit d’assistance en oxygène. «La physiothérapie respiratoire sert aussi à cela», glisse cette même source.
Le pape François est «capable de dire beaucoup de choses sans long discours», a assuré le préfet du dicastère pour la Doctrine de la foi.
Il a confié que le pontife avait souvent donné des clés d’interprétation essentielles pour certains thèmes difficiles avec «une phrase qui exprime tout».
Interrogé sur la date de sortie de l’hôpital, le cardinal Fernández a estimé que le pape «pourrait rentrer» d’ici quelques jours mais que «les médecins veulent être sûrs à 100% et préfèrent attendre un peu».
Une situation qui ne plairait pas au pape, lui qui «veut se dépenser entièrement et ne veut pas utiliser le temps qu’il lui reste à se soigner», a-t-il ajouté.
Le pape absent des célébrations de Pâques ?
Le cardinal a reconnu qu’il «ne pense pas» que le pape pourra présider les célébrations de Pâques. La Semaine sainte se tiendra dans moins d’un mois, du 13 au 20 avril.
«Les décisions sont en train d’être prises sur d’éventuels délégués du pape» pour les célébrations, assure une source vaticane.
Pour le cardinal argentin, une «nouvelle étape» du pontificat commencera quand le pape sortira de l’hôpital. «C’est un homme de surprises, qui aura certainement appris beaucoup de choses pendant ce mois», a-t-il estimé, considérant que ce «moment difficile […] sera un moment fécond pour le monde, pour l’Église».
Interrogé sur la possibilité d’une démission du pape François, le cardinal Fernández s’est montré sceptique. «Je ne crois pas, je ne crois vraiment pas», a-t-il assuré.
«Le pape est en train de se reprendre», a par ailleurs assuré le substitut de la secrétairerie d’État, Mgr Edgar Peña Parra, interrogé par des journalistes en marge de cette conférence.
À la même heure, le Bureau de presse du Saint-Siège a indiqué que le pape François avait poursuivi sa physiothérapie motrice et respiratoire, et s’était également adonné au travail et à la prière. Il n’a pas reçu de visite officielle.
Au 36e jour de son hospitalisation, les médecins constatent des conditions de santé stables avec de «petites améliorations» sur la motricité et la respiration, a fait savoir également le Vatican.
Par ailleurs, ces derniers jours, le pontife de 88 ans a pu réduire progressivement son assistance oxygène, d’un haut débit à un débit plus normal. Depuis le 17 mars, il n’a plus eu recours durant la nuit à la ventilation mécanique – un dispositif plus intense.
Le pape, qui souffre d’une pneumonie bilatérale et d’une infection polymicrobienne, n’est plus considéré comme étant en danger imminent depuis le 10 mars. La stabilité de ses conditions de santé a permis aux médecins d’espacer les bulletins médicaux ces derniers jours. Cependant, aucune date de sortie n’est encore officiellement avancée.