La Jordanie a décidé cette semaine d'interdire les activités des Frères musulmans, mettant un terme à une relation longtemps ambivalente entre les autorités et cet influent mouvement islamiste.
Cette semaine, la Jordanie a imputé aux Frères musulmans des «activités de nature à déstabiliser le pays». De ce fait, la nation a interdit l’organisation sur son sol.
Fondée en 1945, la branche jordanienne des Frères musulmans est la plus ancienne et la plus influente organisation islamique du pays.
L’organisation avait jusqu'à présent poursuivi ses activités en Jordanie, tolérées par les autorités, malgré la décision de la plus haute juridiction du pays, en 2020, de dissoudre le groupe. Le parti affilié à la confrérie, le Front d'action islamique, est le principal parti d'opposition du pays.
De nouveaux défis
Les Frères musulmans ont souvent répété qu'ils n'étaient pas opposés à l'Etat jordanien ou au roi Abdallah II, mais plutôt à la politique menée par le gouvernement.
Toutefois, la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza a entraîné de nouveaux défis en matière de sécurité pour la Jordanie, dont environ la moitié de la population est d'origine palestinienne.
Depuis le début de la guerre en octobre 2023, les Frères musulmans organisent chaque semaine des manifestations en soutien aux Palestiniens. Selon Adel Mahmoud, politologue, la branche jordanienne a commencé à renouer avec ses racines les plus radicales, créant un schisme avec l'État, qui a conclu la paix avec Israël et est un allié-clé des Etats-Unis.
L'interdiction des Frères musulmans en Jordanie, après d'autres pays comme l'Egypte et l'Arabie saoudite notamment, inflige un nouveau coup à ce groupe qui fut l'un des mouvements politiques les plus puissants du Moyen-Orient.