Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dénoncé lundi une "tentative de manipulation" après l'annonce par son homologue russe Vladimir Poutine d'un cessez-le-feu en Ukraine entre le 8 et le 10 mai, à l'occasion des célébrations de la victoire soviétique sur l'Allemagne nazie.
"Il y a désormais une nouvelle tentative de manipulation: pour une raison, tout le monde doit attendre le 8 mai et ne cesser le feu qu'ensuite pour garantir le silence" lors de la parade du 9 mai sur la place Rouge à Moscou, a déclaré M. Zelensky dans son adresse quotidienne.
Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio a dit à son homologue russe, Sergueï Lavrov, qu'il était temps de mettre fin "à une guerre insensée" en Ukraine, selon un communiqué lundi.
"Les États-Unis sont déterminés à faciliter la fin de cette guerre insensée", a déclaré la porte-parole du département d'État, Tammy Bruce, dans ce compte-rendu d'un appel survenu dimanche, qui avait déjà été annoncé par la Russie.
"Dans les huit à dix jours prochains, nous allons accroître la pression sur la Russie", a affirmé lundi Emmanuel Macron dans un entretien publié par le magazine Paris Match, estimant avoir "convaincu les Américains de la possibilité d’une escalade des menaces, et potentiellement de sanctions" contre Moscou.
"Les quinze prochains jours vont être clés pour essayer de mettre en œuvre ce cessez-le-feu" voulu par les Etats-Unis, accepté par l'Ukraine et défendu par les Européens, mais auquel la Russie n'a pas encore souscrit, a insisté le président français après la rencontre entre ses homologues américain Donald Trump et ukrainien Volodymyr Zelensky, samedi au Vatican.
"Comment peut-on croire un tyran, un agresseur ?", s'insurge Sofia Golovko, jeune étudiante de Kiev. Comme d'autres habitants de la capitale ukrainienne interrogés par l'AFP, elle dit n'avoir aucune confiance dans le cessez-le-feu de trois jours annoncé par Moscou.
Le président russe Vladimir Poutine a décrété lundi cette pause dans les hostilités du 8 au 10 mai, à l'occasion des commémorations de la fin de la Deuxième guerre mondiale. Cette trêve fait suite à un premier cessez-le-feu pour Pâques qui avait conduit à une baisse des combats sans être totalement respectée par les deux camps.
Pour ce nouveau cessez-le-feu, Sofia, âgée de 18 ans et qui étudie à l'université Mogyla de Kiev, n'y croit pas : "Je n'ai aucune confiance dans les Russes", dit-elle. "Tout cela ne sert qu'à faire croire à (Donald) Trump qu'ils veulent la paix, mais en réalité, la terreur se poursuit, la conquête des territoires continue".
La Maison Blanche a soutenu lundi que Donald Trump souhaitait un cessez-le-feu "permanent" en Ukraine et pas seulement une trêve temporaire telle que celle annoncée lundi par Vladimir Poutine pour trois jours, du 8 au 10 mai.
"Le président a signifié clairement qu'il voulait un cessez-le-feu permanent", a déclaré Karoline Leavitt, la porte-parole de la Maison Blanche, lors d'un point presse. "S'il demeure optimiste qu'il puisse conclure un accord, il est également réaliste, et les deux dirigeants doivent venir à la table des négociations pour se sortir de cela", a-t-elle ajouté à propos de Donald Trump et des présidents russe et ukrainien.
L'Ukraine a appelé lundi la Russie à accepter "immédiatement" un cessez-le-feu "global" pour "au moins 30 jours", après l'annonce surprise par Vladimir Poutine d'une trêve pour trois jours, du 8 au 10 mai, au moment des célébrations de la fin de la Deuxième Guerre mondiale.
"Si la Russie veut vraiment la paix, elle doit cesser le feu immédiatement", a insisté sur X le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriï Sybiga. "Pourquoi attendre le 8 mai ?", a-t-il interrogé, assurant que "l'Ukraine est prête à soutenir un cessez-le-feu durable et global. Et c'est ce que nous proposons constamment, pour au moins 30 jours".
Vladimir Poutine a annoncé lundi un cessez-le-feu sur le front en Ukraine du 8 au 10 mai, à l'occasion des 80 ans de la victoire contre l'Allemagne nazie, tout en prévenant que Moscou répliquera "en cas de violation" par Kiev de cette trêve.
"A partir de minuit entre le 7 et le 8 mai, et jusqu'à minuit entre le 10 et le 11 mai, la partie russe annonce un cessez-le-feu", a indiqué le Kremlin dans un communiqué. "En cas de violation du cessez-le-feu par la partie ukrainienne, les forces armées russes fourniront une réponse adéquate et efficace", ajoute-t-il.
Le Kremlin a assuré lundi être toujours prêt à entamer des négociations avec l'Ukraine, le président américain Donald Trump ayant évoqué deux jours plus tôt la possibilité que son homologue russe Vladimir Poutine ne veuille pas arrêter le conflit.
"La volonté de la partie russe a déjà été affirmée à maintes reprises, affirmée par le président (Poutine), celle de débuter un processus de négociations avec l'Ukraine sans condition préalable pour parvenir à une issue pacifique", a déclaré le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, cité par l'agence d'Etat TASS.
Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a posé lundi comme condition à toute négociation avec Kiev la reconnaissance par la communauté internationale de l'annexion russe de la Crimée et d'autres régions ukrainiennes.
"La reconnaissance internationale de l'appartenance de la Crimée, de Sébastopol, de la République populaire de Donetsk, de la République populaire de Lougansk, de la région de Kherson et de celle de Zaporijjia à la Russie est impérative", a déclaré Sergueï Lavrov au média brésilien O Globo, selon une traduction en russe de son interview publiée lundi par son ministère. La Russie, qui a lancé une offensive à grande échelle contre l'Ukraine il y a trois ans, a annexé la péninsule de Crimée en 2014 et ces quatre autres régions en septembre 2022.
Le président américain Donald Trump a dit croire dimanche que le dirigeant ukrainien Volodomyr Zelensky est prêt à renoncer à récupérer la Crimée occupée par la Russie, en contradiction totale avec les déclarations du dirigeant ukrainien. "Je pense que oui. La Crimée, c'était il y a 12 ans", a déclaré M. Trump en réponse à la question de savoir s'il pensait que M. Zelensky était prêt à "abandonner" la péninsule ukrainienne annexée par la Russie en 2014.
Le président américain Donald Trump a exhorté dimanche son homologue russe Vladimir Poutine d'"arrêter de tirer" et de conclure un accord sur l'Ukraine. "Je veux qu'il arrête de tirer. Asseyez-vous et signez l'accord", a déclaré M. Trump sur le tarmac de l'aéroport de Morristown, à Bedminster, dans le New Jersey (est).