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Guerre en Ukraine : les objectifs de Vladimir Poutine auraient changé, selon les services de renseignement

Vladimir Poutine est soupçonné de tenter de gagner du temps et de prolonger les négociations pour poursuivre sa campagne militaire. [Sputnik/Vyacheslav Prokofyev/Pool via REUTERS]

Vladimir Poutine est-il en train de changer de stratégie concernant la guerre en Ukraine ? C'est ce que semblent indiquer les dernières évaluations des services de renseignement, qui soupçonnent le président russe de vouloir gagner du temps.

Les services de renseignement gardent un oeil sur Vladimir Poutine et, d'après leurs dernières informations, ses objectifs ont changé dans le cadre de la guerre en Ukraine. La priorité du président russe ne serait plus de poursuivre les combats mais plutôt de consolider son emprise sur les territoires déjà conquis par son armée.

Jusqu'ici, les évaluations des services de renseignement américain et occidentaux indiquaient que Vladimir Poutine estimait avoir l'élan et les effectifs nécessaires pour poursuivre longuement la guerre en Ukraine et s'emparer à terme de l'ensemble du pays. Son récent changement d'avis serait notamment motivé par les difficultés économiques rencontrées par son pays.

Tiraillé entre cette réalité et l'animosité grandissante de l'administration Trump, qui menace la Russie de nouvelles sanctions, Vladimir Poutine se trouve potentiellement dans une position délicate.

Une proposition généreuse

Le revirement noté par les services de renseignement a dans un premier temps conforté Donald Trump dans l'idée que son homologue russe pourrait désormais être plus disposé à envisager la signature d'un accord de paix avec Kiev. D'autant que la proposition américaine faite à Moscou est particulièrement généreuse, puisqu'elle consiste à céder à la Russie la majeure partie du territoire qu'elle a conquis.

De hauts responsables américains proches du dossier se montrent toutefois bien plus sceptiques, estimant que Vladimir Poutine pourrait totalement accepter l'accord proposé pour ensuite chercher à reprendre la guerre afin de s'emparer d'une plus grande partie de l'Ukraine.

Ils soulignent notamment les références répétées du président russe à l'origine historique de son peuple, jugeant que le chef du Kremlin ne pourrait abandonner l'idée de reconquérir au moins les parties de l'Ukraine qu'il considère comme «le berceau de la civilisation russe».

Il pourrait ainsi «jouer le jeu» des Etats-Unis en restreignant un temps ses objectifs afin d'améliorer ses relations avec Washington dans l'immédiat, sans renoncer pour autant à la conquête de l'Ukraine, identifiée par le renseignement américain comme sa «priorité absolue», après la survie du régime.

«Avoir une Ukraine aussi faible que possible»

«L'objectif russe est d'obtenir la reconnaissance d'autant de territoire que possible et d'avoir une Ukraine aussi faible que possible», a ainsi déclaré un haut responsable américain. Selon lui, le président russe temporiserait pour ménager l'administration Trump, mais aussi parce qu'il est conscient que ses forces n'ont pas été en mesure de déplacer considérablement les lignes de front depuis longtemps.

Donald Trump a déclaré que les États-Unis étaient prêts à reconnaître la souveraineté russe en Crimée, tandis que le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a insisté cette semaine sur le fait que Moscou souhaite une reconnaissance internationale des cinq territoires ukrainiens que la Russie détient, en totalité ou en partie. Kiev a d'ores et déjà indiqué qu'elle refuserait de telles dispositions.

D'après CNN, les responsables politiques et les services de renseignement américains doutent désormais de la bonne foi de la Russie. Vladimir Poutine est soupçonné de tenter de gagner du temps et de prolonger les négociations pour poursuivre sa campagne militaire davantage que pour mettre fin à la guerre.

Donald Trump lui-même a exprimé des doutes sur son réseau Truth Social où il a écrit, à propos du président russe : «Peut-être qu'il ne veut pas arrêter la guerre, qu'il me fait simplement marcher et qu'il faut le traiter différemment, par le biais de sanctions bancaires ou de sanctions secondaires ?»

De son côté, Moscou dit comprendre que Washington «souhaite obtenir un succès rapide dans ce processus», mais insiste sur le fait que «le règlement de la crise ukrainienne est trop complexe pour être réalisé du jour au lendemain». «Il reste beaucoup de détails à régler» avant d'aboutir à une résolution du conflit selon Dmitri Peskov, porte-parole de Vladimir Poutine.

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