Ce mercredi 7 mai, les cardinaux entrent en conclave. Comme son nom l’indique, cet événement aura lieu à huis clos, sans aucun contact avec le monde extérieur. Tout ce rituel codifié, né au XIIIe siècle, est ainsi orienté dans cet objectif.
J-1 avant le début du conclave. Faux plancher, poêle et cheminée, installation de chandelles aux poutres... Dans la chapelle Sixtine, les travaux battent leur plein pour assurer l’isolement le plus complet des cardinaux qui éliront dans cette salle des palais pontificaux le successeur de François, selon un rituel très précis. Étymologiquement, conclave signifie «sous clé», du latin «cum clave». Comme le nom conclave l’indique, la cérémonie se déroulera à huis clos, sans aucune interaction avec le monde extérieur.
À cet effet, des techniciens ont procédé «à l’obscurcissement de toutes les vitres du palais du Vatican dans les zones destinées au conclave», et à la désactivation «de tous les appareils technologiques et des capteurs installés ces dernières années dans la Chapelle Sixtine». Parmi les 200 chambres préparées pour accueillir tous ceux qui assisteront au conclave au sein de la résidence Sainte-Marthe, certaines fenêtres ont été fermées temporairement pour «éliminer les vis-à-vis». Ainsi coupés du monde extérieur, les cardinaux auront bien sûr l’interdiction de lire les journaux, d’écouter la radio ou même de se servir d’Internet.
Une tradition du XIIIe siècle
Les cardinaux s’engagent eux-mêmes à garder le silence, sous peine d’excommunication. Tous ceux qui assistent au déroulement du conclave, ecclésiastiques ou laïcs, prêtent serment dans la chapelle Sainte-Pauline du palais du Vatican de garder le secret. Même les résultats du conclave ne seront pas transmis via les réseaux de communication habituels. En cas de vote concluant, une fumée blanche annoncera la fin du conclave, tandis qu’une fumée noire informera le monde extérieur qu’aucun pape n’a été élu.
Tout le rituel du conclave est ainsi orienté vers le maintien du plus grand des secrets. Cet enfermement «sous clé» des électeurs perdure depuis la fin du XIIe siècle, bien que le pape Grégoire X l'ait inscrit comme règle canonique dans la constitution Ubi Periculum qu'en 1274.
Cette méthode à huis clos permet de préserver la liberté de l’Église face à l’ingérence des États dans le choix des papes... Quitte à faire durer à l'excès les délibérations. Ce fut notamment le cas en 1241. Tardant à faire leur choix, les cardinaux furent enfermés dans le Septizonium pendant 70 jours en plein été, provoquant la mort d'un des favoris du scrutin, le cardinal Roberto di Sommercotes. Une chose est sûre : avec une telle cérémonie, aucune pression extérieure ne peut chercher à influencer le vote des cardinaux !