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Pakistan : tout savoir sur le groupe islamiste Lashkar-e-Taiba (LeT), auquel l'Inde attribue la responsabilité de l'attaque au Cachemire

Hafiz Muhammad Saeed, dirigeant du mouvement, a été condamné en 2020 à cinq ans et demi de prison pour l'attentat de Bombay. [ARIF ALI / AFP]

L’Inde et le Pakistan ont connu mercredi leur confrontation militaire la plus violente des deux dernières décennies, après les frappes dirigées par New Delhi sur des «camps terroristes» pakistanais dont il impute la responsabilité de l'attentat commis le 22 avril au Cachemire indien. Dans son viseur : le groupe Lashkar-e-Taiba (LeT).

Des tensions plus que jamais exacerbées. Les deux armées indiennes et pakistanaises, dotées de l’arme nucléaire, ont échangé de nombreux tirs d'artillerie dans la nuit de ce mercredi à jeudi le long de leur frontière contestée au Cachemire, après des frappes indiennes sur le sol pakistanais en représailles à l'attentat de Pahalgam.

Selon les derniers bilans publiés par les deux camps, ces bombardements intensifs ont causé au moins 31 morts côté pakistanais et 12 côté indien, parmi lesquels de nombreux civils. L'Inde a affirmé avoir détruit neuf sites présentés comme abritant des membres du groupe islamiste Lashkar-e-Taiba (LeT) auquel elle attribue la responsabilité de l'attentat au Cachemire indien, jamais revendiqué.

En effet, tous les soupçons de la police indienne sont dirigés vers ce groupe, alors qu’au moins deux ressortissants pakistanais parmi les assaillants et leurs complices sont recherchés, présentés comme membres du Front de la résistance (TRF), issu du groupe jihadiste Lashkar-e-Taiba («l'armée des pieux», ndlr) basé au Pakistan. Le Premier ministre Narendra Modi a promis de traquer les auteurs de l'attaque et leurs complices «jusqu'au bout de la terre».

impliqué dans de nombreux attentats depuis 1993

Outre l'attentat au Cachemire indien, ce mouvement est aussi soupçonné par New Delhi d'avoir mené les attaques qui ont fait 166 morts à Bombay. 

Depuis 1993, selon les Nations Unies, LeT a aussi été impliqué dans les attentats de juillet 2006 contre plusieurs trains de banlieue à Mumbai, dans l’attentat de décembre 2001 contre le Parlement indien, ainsi que dans les attentats perpétrés en octobre 2005 à New Delhi et en décembre 2005 à Bangalore. De surcroît, LeT est actif en Afghanistan et dans plusieurs autres pays d’Asie, ayant appuyé à plusieurs reprises al-Qaida. 

Un groupe aux multiples noms

Les Etats-Unis et l'Inde appellent depuis longtemps le Pakistan à prendre des mesures contre le Lashkar-e-Taiba, interdit par les autorités pakistanaises en 2002 mais qui a resurgi sous la forme du JuD et de la FIF, deux groupes qui affirment être des organisations humanitaires et nient tout lien avec les militants islamistes.

Néanmoins, les autorités peinent à arrêter les membres de ce mouvement jihadiste, par manque de moyens et de volonté réelle mais aussi parce que le LeT a su au fil des ans adopter divers pseudonymes pour minimiser l'ampleur de ses actions et de diversifier, à l'image du Jamaat-ud-Dawa (JuD) et de la «Fondation Falah-i-Insaniat» (FIF).

Qui sont ses membres ?

Aucune organisation ne dispose du nombre exactes de terroristes qui composent le LeT. Néanmoins, certains de ses membres, les principaux, sont bel et bien connus et identifiés.

A commencer par Hafiz Muhammad Saeed, dirigeant du mouvement et également l’émir ou le chef de la Jamaat-ud-Dawa (JuD). Ce dernier a été condamné en 2020 à cinq ans et demi de prison pour l'attentat de Bombay, après une traque de plusieurs années de la part des Etats-Unis, qui offraient 10 millions de dollars pour toute information permettant son arrestation.

Désigné «terroriste international» par les Etats-Unis, Hafiz Saeed avait déjà passé des années sous différentes formes de détention depuis 2001, parfois en résidence surveillée, parfois brièvement arrêté puis relâché par les autorités. 

Pour le reste, l'ONU a identifié Arif Qasmani, comme coordonnateur en chef des relations de LeT avec des organisations extérieures, Zaki-Ur-Rehman Lakhvi, comme directeur des opérations, Mohammed Yahya Mujahid, en tant que chef du département des médias et porte-parole de l’organisation et Haji Muhammad Ashraf, directeur financier.

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