La Commission Européenne a donné son feu vert ce mercredi 4 juin pour une entrée de la Bulgarie, pays le plus pauvre de l’Union Européenne, au sein de la zone euro à compter du 1er janvier 2026. Cette décision devra être entérinée par les 27 États membres début juillet.
Après la Croatie en 2023, la zone euro devrait s’étendre encore à l’est dès l’an prochain. La Commission Européenne a validé jeudi l’entrée de la Bulgarie, pays le plus pauvre de l’UE totalisant 6 millions d’habitants, dans la zone euro à compter du 1er janvier 2026. L’entrée de ce 21e pays dans la zone euro devra néanmoins être entérinée par les 27 États membres début juillet.
«Une journée remarquable. Un nouveau pas en avant pour la Bulgarie sur la voie de l'adhésion à l'euro. Les évaluations positives de la Banque centrale européenne et de la Commission Européenne confirment nos progrès, mais le travail continue. Ceci fait suite à des années de réformes, d'engagement et d'alignement avec nos partenaires européens», s’est réjoui le Premier ministre bulgare, Rossen Jeliazkov, sur X.
A remarkable day. Another step forward on Bulgaria’s path to the euro. The positive assessments by @ecb and @EU_Commission confirm our progress — but the work continues. This follows years of reforms, commitment, and alignment with our European partners.
— Rossen Jeliazkov (@R_JeliazkovPM) June 4, 2025
«Aujourd’hui, la Bulgarie est un peu plus proche de l’adoption de l’euro. Cela signifiera davantage d’investissements et d’échanges commerciaux avec les partenaires de la zone euro, ainsi que davantage de stabilité et de prospérité pour le peuple bulgare. La Bulgarie occupera également la place qui lui revient dans l’élaboration des décisions de la zone euro. Félicitations!», a tweeté Ursula von der Leyen.
Today, Bulgaria is one step closer to adopting the euro.
This will mean more investment and trade with euro area partners, and more stability and prosperity for the Bulgarian people.
Bulgaria will also take its rightful place in shaping euro area decisions.
Congratulations!— Ursula von der Leyen (@vonderleyen) June 4, 2025
Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a reçu son homologue bulgare, Georg Georgiev, ce mardi. Ils ont appelé à approfondir la coopération entre les deux pays sur des domaines comme la défense et le nucléaire civil.
Face à la poursuite de la guerre d’agression menée par la Russie, les deux ministres ont réaffirmé leur soutien à l’Ukraine. Ils ont souligné l’importance de la politique d’élargissement, notamment vers les pays des Balkans, ainsi que l’importance de la région de la mer Noire pour la sécurité européenne.
Quatre critères économiques respectés
Après plusieurs années d’efforts économiques, la Bulgarie est parvenue à remplir les quatre «critères de convergence» exigés par la Commission Européenne afin d’entrer dans la zone euro.
Le premier étant de maîtriser son inflation, ce qui a été le cas à hauteur de 2,7% lors des douze derniers mois. Le deuxième point requis était de maintenir son déficit budgétaire autour de 3% du PIB et de limiter sa dette (24% du PIB). Le troisième critère était que les taux d'intérêt de long terme convergent avec ceux des autres États membres. La dernière condition était que la monnaie bulgare, le lev, affiche un taux de change fixe avec l'euro, ce qui est le cas depuis 1999.
51% des Bulgares se disent hostiles à l’euro
Selon le dernier Eurobaromètre, plus d’un Bulgare questionné sur deux (51%) s’est pourtant déclaré hostile à l’euro, alors que 43% du panel a assuré y être favorable. Des manifestations contre le passage à la monnaie unique, accusée de faire grimper les prix, ont même été organisées dans les rues de Sofia le week-end dernier.
Une partie de la population reste traumatisée par la crise de 1996-1997, où l'inflation avait dépassé 300 %, d’autant plus que le pays a subi une forte inflation au début de la guerre en Ukraine (13 % en 2022, 9 % en 2023).
Le président de la République Roumen Radev, considéré comme populiste et pro-russe par ses opposants, s'est emparé du débat en proposant un référendum sur le sujet. Sa demande a été rejetée le mois dernier par le Parlement, qui l'a déclarée contraire à la Constitution, selon Les Échos.