Russell Vought, stratège de l’ombre et proche de Donald Trump depuis son premier mandat, est déjà pressenti pour succéder à Elon Musk à la tête du Département de l'Efficacité gouvernemental (DOGE). Ce vétéran aux idées radicales pourrait renforcer l’influence de son plan controversé, le «Project 2025».
Qui pour prendre la relève d’Elon Musk au Département de l’Efficacité gouvernementale (DOGE) ? Avec son départ de l’administration Trump, l’homme le plus riche du monde a laissé une place vacante, mais déjà, son successeur semble tout trouvé.
Selon plusieurs médias américains, Russell Vought est bien parti pour reprendre la tête de DOGE. Un poste qu’il aurait, selon Politics, toujours occupé dans l’ombre. «Le secret le moins bien gardé de Washington, c’est que Vought, depuis le premier jour, tirait les ficelles de la marionnette Musk à DOGE», avance le journaliste Timothy Noah.
un Ultra-conservateur au point névralgique du gouvernement
Russell Vought n’est pas un nom grand public dans la galaxie Trump et pourtant, l’homme agit en coulisses depuis le premier mandat de Donald Trump, pour défendre une vision sa conservatrice.
Décrit comme «impitoyable», cet ancien haut fonctionnaire, vétéran des Marines américains, est en effet l’un des conseillers les plus radicaux du leader des États-Unis.
Il se définit lui-même comme un nationaliste chrétien, qui cherche à «infuser des éléments du christianisme» dans le gouvernement et la société américaine. Partisan d’une politique anti-avortement, il s’est déjà montré hostile au mariage homosexuel.
Il occupe d’ailleurs la position de directeur du Bureau de la gestion et du budget (OMB) entre 2019 et 2021, une casquette qu’il a reprise pour le deuxième mandat du magnat de l’immobilier.
Ce bureau, bien que peu connu par la plupart des américains, représente en réalité un département puissant, le «centre névralgique» de l’administration fédéral. Autrement dit, c’est ce bureau qui évalue l’efficacité des programmes, fixe les priorités de financements, etc.
Père du «Projet 2025»
Mais Russell Vought est, avant tout, l’architecte du «Project 2025», porté par le lobby conservateur Heritage Fondation.
Ce programme, long de 900 pages, se veut être une feuille de route aux idées radicales. Le parti démocrate avait d’ailleurs vivement critiqué ce document, jugeant le plan comme trop extrême et dangereux pour la démocratie américaine.
Pourtant, Donald Trump, par la liste des décrets qu’il a signés depuis son investiture, semble bien suivre le chemin tracé par Russell Vought.
Le «Project 2025» proposait par exemple le licenciement massif des fonctionnaires américains, rendu possible par Russell Vought. «Nous voulons qu’ils se réveillent le matin et n’aient plus envie d’aller travailler, car ce sont eux les méchants», avait-t-il déclaré à propos des fonctionnaires, sur le podcast de Tucker Carlson en 2023, une figure de l’extrême droite. «Nous voulons les traumatiser».
«Un homme qui exécute»
Ainsi, «Elon Musk est le visage de DOGE, but Russell Vought est le cerveau», expliquait Bloomberg Businessweek le mois dernier.
Au média The Hill, Jordan Wood, chef de cabinet de la Chambre des représentants des États-Unis et ancien collaborateur de la première administration Trump, a déclaré : «Elon était le perturbateur nécessaire. Il est arrivé comme un bulldozer et a capté l’attention de tous. Russell est un homme qui exécute. Il comprend le fonctionnement du gouvernement. Il sait exactement sur quels boutons appuyer».
Une ombre qui a donc toujours été présente derrière le duo Trump-Musk, qui inquiète le parti démocrate depuis longtemps.
Dans un discours donné en février, la sénatrice Jacky Rosen avait affirmé : «La nomination de Russell Vought sera un désastre (...) Russell Vought est un extrémiste». La sénatrice Tammy Baldwin avait même accusé Russell Vought d’avoir déjà «ouvertement appelé le président à ignorer la volonté du Congrès».