Le traité New Start a expiré dans la nuit de mercredi à jeudi. Ce dernier devait encadrer les arsenaux nucléaires des États-Unis et de la Russie.
Dans la nuit du mercredi 4 au jeudi 5 février, le traité New Start censé encadrer les arsenaux nucléaires des États-Unis et de la Russie, a expiré. Alors que les rapports de force dans la course aux armements nucléaires semblaient s'être figés depuis la guerre froide, tout pourrait être relancé.
Pour rappel, neuf pays sont considérés comme des puissances nucléaires : les États-Unis, la Russie, le Royaume-Uni, la Chine, la France, le Pakistan, l'Inde, la Corée du Nord et Israël. D'autres pays, à l'image de l'Iran, sont également soupçonnés de développer des programmes nucléaires militaires en secret, en dépit des accords internationaux sur le sujet.
La Russie devant les États-Unis et la Chine
Selon les dernières données chiffrées d'octobre 2025 et rapportées par la Federation of American Scientists (FAS), la Russie détiendrait 5.459 ogives nucléaires, soit plus que n'importe quel autre pays du monde. Dans le détail, la Russie possèderait 1.718 ogives qui sont actuellement déployées et prêtes à l'emploi, 2.591 en réserve et 1.150 qui sont hors-service.
La Russie est ainsi suivie de près par les États-Unis avec 5.177 armes nucléaires disponibles. À eux seuls, ces deux États ont entre leurs mains près de 87% des armes nucléaires mondiales. Arrive ensuite, loin derrière, la Chine, troisième puissance nucléaire mondiale avec ses 600 ogives. Puis viennent la France (290), le Royaume-Uni (225), l'Inde (180), le Pakistan (170), Israël (90) et la Corée du Nord (50).
Pour mieux comprendre la répartition de ces armes, deux types d'ogives existent : les stratégiques intercontinentales (déployées), les plus puissantes et de longue portée, puis les non-stratégiques, appelées tactiques, de plus courte portée et destinées au champ de bataille. Le nombre exact de ces dernières est difficile à estimer car elles sont utilisables par de simples chars ou des bâtiments de guerre navale.
Nouvelle doctrine nucléaire russe
La Russie a plusieurs fois accusé, par le passé, les alliés occidentaux de l'Ukraine de chercher «l'escalade» du conflit en cours depuis février 2022. Notamment après les premières frappes ukrainiennes sur son territoire à l'aide de missiles américains à longue portée ATACMS. Face à ces frappes, la Russie avait promis une «réponse appropriée» ce qui a une nouvelle fois conduit Moscou à employer un discours nucléaire, qui a depuis été réitéré à plusieurs reprises.
Selon sa nouvelle doctrine sur l'emploi de l'arme nucléaire, officialisée le 12 novembre 2024, la Russie peut désormais y recourir en cas d'attaque «massive» par un pays non nucléaire mais soutenu par une puissance nucléaire, une référence claire à l'Ukraine et à l'Europe, ou à la France, si cette dernière s'engageait à protéger les 27 à l'aide de son parapluie nucléaire.
Ce changement «exclut de facto la possibilité de vaincre les forces armées russes sur le champ de bataille», avait souligné le patron du renseignement extérieur russe, Sergueï Narychkine, laissant entendre que la Russie allait recourir à la bombe atomique plutôt que de risquer la défaite dans une guerre conventionnelle.
Washington, Paris, Londres et l'Union européenne avaient alors dénoncé une attitude «irresponsable». L'Ukraine avait pour sa part exhorté ses alliés à «ne pas céder à la peur». Face au revirement des États-Unis et à la fin du traité New Start, la menace nucléaire russe apparaît désormais encore plus forte pour les Ukrainiens, et pour les Européens.