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Drone explosif : tout savoir sur le «Shahed français», dévoilé au salon du Bourget

Baptisé officieusement le «Shahed français», ce drone devrait réaliser un premier vol d’essai à l’automne. [© SERGEY BOBOK / AFP]

MBDA a dévoilé lundi au salon du Bourget un drone explosif à bas coût et longue portée, inspiré des Shahed russes utilisés en Ukraine pour saturer les défenses aériennes.

L’annonce a été faite lundi à l’occasion du salon aéronautique du Bourget. Le groupe européen MBDA a travaillé sur un nouveau drone explosif à longue portée et à bas coût, dont la conception s'inspire directement des drones Shahed utilisés par la Russie en Ukraine pour submerger les systèmes de défense aérienne.

Baptisé officieusement le «Shahed français», il devrait réaliser un premier vol d’essai à l’automne, selon Stéphane Reb, directeur des programmes chez MBDA.

Pour ce projet, MBDA collabore avec une PME française du secteur aéronautique et un acteur de l’industrie automobile spécialisé dans les productions en grande série, dont les noms n’ont pas été dévoilés.

«L'idée est d'être en capacité de produire en masse, de l'ordre de 1.000 munitions par mois», a indiqué Stéphane Reb, également directeur général de MBDA France.

Les Shahed-136, fournis par l’Iran et désormais produits localement en Russie sous l’appellation Geran-2, sont régulièrement tirés en grand nombre sur le territoire ukrainien. Leur objectif : saturer les défenses pour faciliter le passage de missiles plus sophistiqués et destructeurs.

«On ne résonne pas en million d’euros»

En mai dernier, plus de 4.000 drones Shahed ont été lancés, soit une multiplication par dix en deux ans. Malgré leur lenteur et leur vulnérabilité, entre 70 et 90 % de ces engins sont interceptés, selon le général Vincent Breton, chef du centre de doctrine de l’armée française.

MBDA n’a pas communiqué le prix exact de son drone, mais selon Stéphane Reb, «on ne raisonne pas en million d'euros».

Pour maintenir un coût faible compatible avec une production massive, le constructeur mise sur une architecture initiale simple, notamment avec une navigation basée sur des systèmes satellites tels que le GPS ou Galileo. «On veut commencer par des choses relativement simples», explique-t-il.

La conception se fera ensuite «de façon incrémentale», avec à terme la possibilité pour les drones de communiquer entre eux, les rendant moins vulnérables aux tentatives de brouillage.

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