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«Aucune raison» : la Corée du Nord écarte fermement l’idée de reprendre le dialogue avec le Sud

Les propos de Kim Yo-jong témoignent d'un «niveau élevé de méfiance entre les deux parties, en raison de plusieurs années de politiques hostiles». [REUTERS]

La Corée du Nord a balayé l’idée d’un dialogue diplomatique avec la Corée du Sud. Pyongyang n’a «aucune raison» de reprendre les discussions avec Séoul, a déclaré ce lundi la sœur de Kim Jong-un. Les dirigeants nord-coréens ont évoqué une «incompatibilité irréversible» entre les deux pays. 

Les tensions perdurent entre les deux frères ennemis. À la suite de l’élection du nouveau président de la Corée du Sud, Lee Jae-myung, la volonté d’apaisement de ce dernier avait laissé entrevoir une possible reprise des dialogues diplomatiques entre Séoul et Pyongyang. Une hypothèse radicalement écartée par les dirigeants nord-coréens. 

«Nous clarifions une nouvelle fois la position officielle qui est que peu importe la politique adoptée à Séoul, ou la proposition faite, celle-ci ne nous intéresse pas et il n’y a aucune raison de rencontrer la République de Corée, ni matière à discuter avec elle», a déclaré Kim Yo Jong, l’influente sœur de Kim Jong-un, dans un communiqué relayé par l’agence officielle KCNA. 

La femme politique a poursuivi en affirmant que «si Séoul espérait inverser la situation avec quelques mots doux, il n’y a pas pire erreur de calcul que cela». 

«Tendre la main à Pyongyang» 

Arrivé au pouvoir à la mi-juin, Lee Jæ-myung, le nouveau président sud-coréen de centre-gauche avait promis de «tendre la main à Pyongyang», assurant que «quel qu’en soit le coût, la paix est préférable à la guerre». 

La propagande diffusée via des haut-parleurs par Séoul à la frontière entre les deux Corées a cessé, et la Corée du Nord a elle aussi drastiquement réduit les bruits inquiétants qui perturbaient jour et nuit les habitants sud-coréens proches de la limite. 

Toutefois, cette détente sonore ne signifie pas que la Corée du Sud peut croire à une détente diplomatique, a averti Kim Yo-jong. Cette dernière a évoqué une «incompatibilité irréversible» entre les deux pays, toujours en guerre sur le papier, au vu du fait que leur conflit s’était soldé en 1953 par un armistice et non un traité de paix. 

Rompre avec son prédécesseur 

Lee Jæ-myung a la ferme intention de rompre avec la ligne de son prédécesseur, Yoon Suk Yeol (droite). Ce dernier avait entretenu des tensions avec la Corée voisine à l’aide d’une rhétorique très ferme, tout en resserrant les liens avec les États-Unis

Son mandat a été le témoin du point le plus bas des relations intercoréennes depuis des années. Son successeur, lui, souhaite un dialogue transfrontalier sans conditions préalables. 

Les propos de Kim Yo-jong trahissent toutefois un «niveau toujours élevé de méfiance entre les deux parties, en raison de plusieurs années de politiques hostiles», a estimé le ministère de l’Unification sud-coréen.

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