Des chercheurs australiens ont découvert une espèce de baleine préhistorique éteinte il y a plusieurs dizaines de millions d'années. Elle avait la particularité de posséder des dents acérées et d'être beaucoup plus petites que celles que l'on connaît actuellement.
Un prédateur marin. Le «janjucetus» est une baleine préhistorique ayant vécu il y a plus de 22 millions d'années, comme l'ont démontré des scientifiques australiens. Elle avait la particularité de ne mesurer que 3 mètres de long, mais d'être beaucoup plus féroce que ses cousines actuelles.
En 1990, un premier fossile de cette espèce avait été découvert par un adolescent nommé Staumn Hunder, appelant donc l'espèce «Janjucetus hunderi». Elle a ensuite été étudiée par le paléontologue Erich Fitzgerald, qui a confirmé son existence et donné des précisions sur l'animal en 2006.
Une première rangée d'incisives et de canines
Cette année, une nouvelle découverte a permis aux scientifiques d'identifier une espèce proche de celle déjà découverte. Elle a été l'oeuvre de Ross Dullard, en 2019. Grâce à une analyse des ossements trouvés, les scientifiques ont confirmé qu'elle était assez différente du «Janjucetus hunderi» pour s'appeler «Janjucetus dullardi», une nouvelle fois en hommage à son découvreur.
La fusion incomplète entre certains os (notamment situés dans le crâne) montrent que le fossile est sûrement celui d'un spécimen jeune. Mais il présente des caractéristiques communs avec le janjucetus découvert quelques années auparavant : des dents acérées et tranchantes, notamment les incisives et les canines, qui forment une rangée devant les prémolaires et les molaires, en forme de lames dentelées.
Les chercheurs ont également expliqué les multiples racines liant les dents jugales à la mâchoire de l'animal par une adaptation évolutive pour lui permettre de faciliter la manipulation de grosses proies, probablement lourdes. La disposition de cette dentition lui aurait conféré une morsure particulièrement puissante, aussi rendue possible par des muscles temporaux très développés.
Ces attributs ont fait du janjucetus une espèce particulièrement crainte de l'écosystème marin dans lequel il opérait, selon les chercheurs : «Imaginez une version ressemblant à un requin d'une baleine à fanons : petite et trompeusement mignonne, mais certainement pas inoffensive», explique Ruairidh Duncan, co-auteur de l'étude récemment publiée dans le Zoological Journal of the Linnean Society.
Un animal d'eau chaude
En plus de ces caractéristiques, le scientifique explique qu'on peut la comparer à «une petite baleine avec de grands yeux». Il détaille : «Janjucetus dullardi se distingue par l'absence de mécanisme lui permettant de bénéficier d'écholocalisation et à la place, il utilisait ses yeux de manière prépondérante pour chasser. Ils étaient très grands et leur permettaient de suivre leurs proies».
Ces petites baleines préhistoriques semblaient vivre dans les eaux chaudes et peu profondes du large de l'Australie, à la période d'un réchauffement climatique du Tertiaire tardif, entre 23 et 26 millions d'années en arrière. L'océan Pacifique, au large de la Nouvelle-Galles du Sud, aurait notamment été le terrain de jeu de ce prédateur. Ainsi, c'est dans cette région que les ossements des deux janjucetus ont été trouvés.
Selon les chercheurs, cette espèce se serait éteinte progressivement, il y a 22 millions d'années, au moment du refroidissement climatique global qui a frappé la planète. Cette crise climatique a notamment eu pour conséquences de faire baisser le niveau des eaux partout sur la planète et de changer drastiquement les conditions de vie des être vivants marins de l'époque.