L'opération américaine menée au Venezuela a rappelé l'enjeu crucial que représente l'exploitation du pétrole, dont les réserves sont inégalement réparties au niveau mondial.
Au cœur des manœuvres américaines au Venezuela, le pétrole est une ressource rare et disputée, au croisement d'enjeux économiques, politiques et énergétiques. Une poignée de pays se partage le plus gros des réserves mondiales de pétrole brut.
Possédant près d'un cinquième de ces dernières, le Venezuela est sans conteste le plus pourvu en or noir. Selon les données de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), la plupart des autres gisements d'importance se trouvent au Moyen-Orient.
Venezuela - 303 milliards de barils
Arabie Saoudite - 267 milliards
Iran - 209 milliards
Irak - 145 milliards
Emirats arabes unis - 113 milliards
Statista rappelle que les chiffres de l'Opep ne tiennent pas compte des réserves du Canada, qui s'élèvent à 171 milliards de barils selon le gouvernement canadien et placent donc le pays au quatrième rang de ce classement.

A titre comparatif les Etats-Unis, à la 9e place, détiennent 45 milliards de barils. Toutefois, ils étaient les premiers producteurs de pétrole en 2024, avec 18,2% de la production mondiale à leur actif.
Malgré ses réserves colossales, le Venezuela, lui, n'a contribué qu'à hauteur de 1,3%. Sa production est estimée à environ 1 million de baril/jour (mbj) contre environ 3,5 mbj il y a 25 ans. Des années de mauvaise gestion et de corruption ont fait chuter ce chiffre après un pic à plus de trois millions au début des années 2000.
Un embargo américain
Washington impose en outre des sanctions économiques au pays depuis 2017 et, en janvier 2019, durant le premier mandat de Donald Trump qui a instauré un embargo pétrolier visant à asphyxier économiquement le pays qui dépend de ses exportations d'or noir.
A cause de l'embargo américain, Caracas est contraint de commercialiser son pétrole sur le marché noir avec de fortes remises, en direction principalement de l'Asie. Le pétrole vénézuélien est de qualité moindre et finit transformé en diesel ou en sous-produits comme l'asphalte, et non en essence.
Après les bombardements aériens et la capture de Nicolás Maduro, le président américain Donald Trump a affirmé samedi qu'il autoriserait les compagnies pétrolières des Etats-Unis à exploiter les ressources pétrolières du Venezuela.
Dans un marché méfiant des conséquences que peuvent engendrer une telle opération, les prix du pétrole ont reculé d'environ 1% lundi.