Un policier de 52 ans, interpellé en décembre dernier au Venezuela pour trahison à la patrie, est mort samedi durant sa détention, selon une ONG. Son décès survient seulement trois jours après l’annonce du pays concernant la libération de nombreux prisonniers, dont des ressortissants étrangers.
Un décès dénoncé. Un policier de 52 ans, interpellé en décembre dernier au Venezuela pour trahison à la patrie, est mort samedi durant sa détention, a annoncé dimanche un collectif d’ONG de défense des droits humains, peu de temps après le début de libérations d’opposants par les autorités sous la pression des États-Unis.
Le collectif, baptisé «Comité des familles pour la liberté des prisonniers politiques», a condamné avec véhémence sur X, «la mort sous la garde de l’État d’Edison José Torres Fernandez», «62 heures après l’annonce officielle de libérations».
Le policier était un agent dans l’État vénézuélien de Portuguesa, à environ 400 kilomètres à l’ouest de Caracas, et comptait plus de vingt ans de service. Il avait été arrêté le 9 décembre dernier pour avoir «partagé des messages critiques à l’encontre du régime et du gouverneur de l’État».
Une vingtaine de personnes libérées
Le Venezuela a annoncé jeudi la libération d’un «nombre important» de prisonniers, y compris des étrangers. Mais à peine une vingtaine de personnes détenues pour des raisons politiques ont été libérées depuis, selon des proches et des défenseurs des droits humains.
Le gouvernement vénézuélien présente cette mesure comme un geste de «coexistence pacifique». Les États-Unis y voient une conséquence de leur intervention après le bombardement du pays pour capturer le président Nicolás Maduro le 3 janvier dernier.
Le parti d’opposition Primero Justicia, auquel appartient le dirigeant emprisonné Juan Pablo Guanipa, a également reconnu le décès du policier et a exigé la remise en «liberté immédiate, pleine et inconditionnelle pour tous les prisonniers politiques civils et militaires».
Depuis 2014, 18 prisonniers politiques sont morts sous la garde de l’État vénézuélien, selon des organisations de défense des droits humains. Selon l’ONG Foro Penal, le Venezuela compte actuellement plus de 800 prisonniers politiques.
Les contestations de la proclamation de victoire de Nicolás Maduro à la présidentielle de 2024 avaient conduit à l’arrestation de 2.400 personnes. Plus de 2.000 avaient été ensuite relâchées, selon les chiffres officiels.