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Tensions à Minneapolis : Donald Trump se dit prêt à déployer l'armée

Donald Trump avait déjà menacé de déployer l'armée à Chicago, en octobre dernier, pour réprimer l'opposition locale contre les forces de l'ordre. [© REUTERS / Evelyn Hockstein]

Donald Trump a menacé ce jeudi d'avoir recours à une loi d'exception, lui permettant de déployer l'armée pour maintenir l'ordre aux Etats-Unis : l'Insurrection Act. Il pourrait notamment l'utiliser à Minneapolis, où ont eu lieu d'importantes contestations ces derniers jours.

Donald Trump songe à invoquer l'Insurrection Act. Le président américain a fait savoir qu'il considérait l'invocation de cette loi fédérale qui permet au chef d'appeler l'Armée américaine sur le territoire des États-Unis pour mettre un terme aux troubles civils, à l'insurrection et à la rébellion. Il a promis une telle mesure si les autorités du Minnesota ne parvenaient pas à mettre fin aux «attaques» que subit la police de l'immigration, ICE.

«Si les politiciens corrompus du Minnesota ne respectent pas la loi et ne s'emploient pas à empêcher les agitateurs professionnels et les insurgés d'attaquer» les agents de la police de l'immigration (ICE), «je vais invoquer l'Insurrection Act», a prévenu le président américain sur son réseau Truth Social.

Si la colère gronde dans la ville du nord des Etats-Unis, située près des grands lacs, c'est parce que la police de l'immigration, Ice, est pointée du doigt par certains citoyens américains. Ce mercredi 14 janvier, au soir, un agent de l'ICE a en effet blessé un homme vénézuélien en lui tirant dans la jambe.

A Minneapolis, de nombreux manifestants montrent leur colère face à certaines violences policières survenues ces derniers jours © REUTERS / Tim Evans

Surtout, le 7 janvier, une Américaine de 37 ans, Renee Nicole Good, a été abattue dans sa voiture dans la ville du Minnesota alors qu'elle participait à une action pour gêner une opération des agents fédéraux de l'immigration, envoyés en nombre dans la ville pour mener des séries d'arrestations.

L'affaire a déclenché de nombreuses manifestations dans cette grande ville des Etats-Unis et des tensions avec les forces de l'ordre fédérales s'en sont suivies. Les autorités locales démocrates sont depuis une semaine très critiques du gouvernement de Donald Trump et l'appellent à faire retirer ces agents fédéraux.

«Si je dois l'invoquer, je le ferais», avait déjà promis Donald Trump

Avant cette double affaire, Donald Trump avait déjà fait planer plusieurs fois la menace d'utiliser cette loi fédérale, notamment en raison de décisions défavorables de la justice sur son utilisation de la Garde nationale, une force militaire de réserve, lors de situations jugées menaçantes par le président. Sans la mettre à exécution jusqu'à présent. Pour contrôler les manifestants à Chicago, en octobre dernier, qu'il qualifiait de «zone de guerre», le 47e président des Etats-Unis avait déjà annoncé : «Si je dois l'invoquer, je le ferais».

L'«Insurrection Act», compilation de lois des XVIIIe et XIXe siècles, est une forme d'état d'urgence qui permet à l'Etat fédéral d'utiliser l'armée à des fins de maintien de l'ordre sur le territoire américain. Il permet de contourner une loi, le «Posse Comitatus Act», qui interdit d'utiliser des militaires contre des citoyens américains.

L'«Insurrection Act» a été invoqué pour la dernière fois en 1992 par le président George Bush père à la demande du gouverneur républicain de Californie, confronté à des émeutes sans précédent à Los Angeles à la suite de l'acquittement des policiers qui avaient passé à tabac Rodney King, un automobiliste noir, l'année précédente.

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