L'Iran a annoncé, dimanche 8 mars, le choix d'un nouveau guide suprême, sans avoir encore annoncé son nom. Il représente la plus haute autorité politique et religieuse dans le pays, depuis la révolution de 1979.
Un troisième guide suprême pour l'Iran ? Huit jours après la mort de l'ayatollah Ali Khamenei lors de frappes israélo-américaines sur Téhéran, l'instance compétente a annoncé, ce dimanche 8 mars, avoir choisi son successeur, sans dévoiler son nom.
A l'échelle du pays, le guide suprême de la Révolution islamique - son titre officiel en persan - reste numéro un dans la hiérarchie politique ou religieuse, et son prestige dépasse largement celui du président en place, Massoud Pezechkian. Ce dernier est quant à lui la plus haute autorité élue du pays et responsable vis-à-vis de l'opinion publique, il est chef de l'exécutif pour les affaires courantes. C'est également lui qui signe des accords étrangers et gère les relations internationales. Néanmoins, ses décisions se font toujours en lien avec le cadre défini par le guide suprême, qui est le véritable chef de l'État.
la plus haute autorité religieuse et politique
Depuis la mise en place de la République islamique après la Révolution, en 1979, l'Iran a développé un modèle de gouvernement basé sur le concept de Velayat-e faqih, où le religieux prédomine sur le politique. Ainsi, en plus de son rôle de chef d'État, le guide suprême est la plus haute autorité religieuse du pays.
Il a ainsi le pouvoir de destituer le président de la République, même si celui-ci est élu pour quatre ans (un mandat reconductible une fois). Le guide suprême nomme aussi les fonctionnaires les plus importants en Iran : chef de l’armée, le chef de l’institution judiciaire, jusqu’aux membres de divers instituts. Les ministres sont désignés par le président mais cela peut être annulé ou modifié par le guide suprême.
Le Conseil des experts
Le Conseil des experts, qui nomme le guide suprême est, lui, composé de 88 membres, tous religieux - les mollahs -, élus au suffrage universel direct pour huit ans. Néanmoins, la validation de leur candidature est faite par le Conseil des gardiens.
Cette dernière institution regroupe six théologiens, nommés pour six ans par le guide suprême, ainsi que six juristes désignés par les juges et dont la nomination est approuvée par le Parlement.
Attention, en revanche, si le guide suprême est souvent présenté comme un ayatollah, il n'est pas le seul à porter ce titre prestigieux, qui est accordé à plusieurs dizaines de dignitaires chiites iraniens de haut rang.