Ce dimanche 8 mars, le pape Léon XIV est revenu sur la situation au Moyen-Orient. Le souverain pontife a dit craindre que le conflit ne s’élargisse et fasse basculer d’autres pays de la région dans l’instabilité.
Alors lors que le conflit au Moyen-Orient s’étend désormais à la plupart des pays de la région, le pape Léon XIV s’est exprimé sur la situation, ce dimanche 8 mars, après la traditionnelle prière de l’Angélus.
Exhortant à retrouver un «espace de dialogue», le souverain pontife a dénoncé le «climat diffus de haine et de peur» et les «épisodes de violence et de dévastation» qui secouent l’actualité internationale depuis le début du conflit.
«Depuis l’Iran et de tout le Moyen-Orient continuent d’arriver des nouvelles qui suscitent une profonde consternation», a-t-il déploré. Les bombardements massifs sur l’Iran et les répliques iraniennes sur Israël et les pays du Golfe ont déjà fait de nombreuses victimes. Plusieurs infrastructures vitales ont également subi de graves dégâts, notamment au Koweït.
la crainte d’un élargissement du conflit
Le pape a dit craindre que «le conflit ne s’élargisse et que d’autres pays de la région (…) puissent retomber à nouveau dans l’instabilité». Le souverain pontife a notamment évoqué le cas du Liban, marqué ces derniers jours par une escalade des hostilités entre le Hezbollah et Israël.
Après l’élimination du guide suprême Ali Khamenei, le mouvement chiite a en effet revendiqué plusieurs salves de tirs sur le nord d'Israël. L’Etat hébreu a répliqué, menant des frappes qui se sont étendues du Sud-Liban à Beyrouth et à la plaine de la Bekaa. Le bilan provisoire s’élève à plus de 200 morts.
Ce nouveau conflit survient quelques mois après la visite du pape Léon XIV au Liban, laquelle avait pourtant semblé ouvrir de fragiles perspectives de paix. Vendredi 6 mars, une réunion des principaux organismes catholiques s’est tenue à Bkerké, ville située à une trentaine de kilomètres au nord de Beyrouth. Un représentant de la nonciature apostolique était notamment présent afin de coordonner l’aide de l’Église locale aux milliers de réfugiés qui ont dû fuir les localités concernées par les ordres d’évacuation émis par l’armée israélienne.
«Que les armes se taisent»
«Élevons notre humble prière vers le Seigneur afin que cesse le fracas des bombes, que les armes se taisent et qu’un espace de dialogue s’ouvre, dans lequel puisse se faire entendre la voix des peuples», a demandé Léon XIV, confiant cette supplication à «Marie, Reine de la Paix». Il a ainsi demandé qu’elle «intercède pour ceux qui souffrent à cause de la guerre» et «accompagne les cœurs sur des chemins de réconciliation et d’espérance».
La guerre au Moyen-Orient fait l’objet d’une attention particulière de la part du Saint-Siège. Dans un entretien accordé au médias du Vatican, le cardinal Pietro Parolin a ainsi indiqué suivre les évolutions du conflit «avec une profonde tristesse». Le secrétaire d’État du Saint-Siège s’est notamment alarmé d’une violation du droit international, dénonçant la notion de «guerre préventive» évoquée pour justifier l’intervention israélo-américaine en Iran.
«Les peuples du Moyen-Orient, y compris les communautés chrétiennes déjà fragilisées, sont une fois de plus plongés dans l’horreur de la guerre, qui fauche brutalement des vies humaines, sème la destruction et entraîne des nations entières dans une spirale de violence aux conséquences incertaines», a déploré le numéro deux du Vatican.