Pendant que les yeux du monde sont rivés sur le détroit d’Ormuz, la Chine mène ses opérations dans ses mers régionales. Des images satellites ont notamment repéré une toute nouvelle île sortie des eaux, sur laquelle une base militaire avancée semble prospérer.
C’est une stratégie que la Chine entend garder secrète : alors que les yeux du monde sont braqués sur l’Iran, le gouvernement chinois continue discrètement la construction d’une île, devenue une base militaire, sur les Paracels, un archipel situé à équidistance des côtes chinoises et vietnamiennes, disputé entre Pékin et Hanoï. La marine chinoise a repris le contrôle de l'ensemble des îles en 1974 à la suite d'un conflit naval.
Si l’objectif de la Chine demeure inconnu, en quelques mois, un atoll isolé a été aménagé en nouvelle forteresse, dans des eaux vraisemblablement riches en hydrocarbures, selon CNN, qui cite des sources américaines. Il s’agit plus précisément du récif Antelope, selon des images satellites publiées par Asia Maritime Transparency Initiative, où plusieurs kilomètres carrés de terre ont été gagnés sur la mer.
Entre décembre 2025 et février 2026, un chenal a ainsi été désensablé pour permettre à des navires d’accéder à l’intérieur de l’atoll. Sur les images satellites, on peut aussi distinguer des débarcadères, et l’esquisse d'une piste d’atterrissage. À l’ouest de l’atoll, c’est toute une base qui apparaît maintenant, avec des rangées de baraquements et un héliport, le tout protégé des marées par un système de digues.
«grande muraille de sable»
La stratégie des Chinois pour occuper un récif consiste d’abord à le marquer par des bouées de navigation, puis par des constructions en béton plus permanents. Viennent ensuite des abris temporaires en bois ou en bambou, et sauf opposition ferme, des fortifications militaires sont ensuite édifiées. Et les revendications chinoises sur les eaux alentours, souvent riches en gisements gaziers inexploités, semblent ainsi évidentes.
En 2016, après la multiplication de ces forteresses sur des îles artificielles, un tribunal international avait jugé ces pratiques illégales, dénonçant notamment les dégâts environnementaux. Pékin a rejeté cette décision, la qualifiant de «nulle et non avenue». Cette politique d’installations destinées à revendiquer des eaux territoriales a été qualifiée ironiquement de «grande muraille de sable» par les adversaires de Pékin.
Mais la Chine n’est plus la seule à pratiquer cette occupation des espaces en pleine mer. La marine philippine a échoué un ancien navire de la Seconde Guerre mondiale, le Sierra Madre, pour en faire une base permanente. Celle-ci fait régulièrement l’objet de tentatives d’intimidation de la part des garde-côtes chinois. Le Vietnam a également bâti des installations militaires sur au moins huit îlots de l’archipel des Spratleys.