La Belgique a pris des mesures inédites pour préparer sa population à une catastrophe climatique, ou à un éventuel conflit armé. Le Centre de crise National a demandé à sa population de se munir d’un kit de survie.
Pour «se préparer au choc», les autorités belges ont demandé cette semaine à la population d'avoir sous la main à la maison un «kit d'urgence» permettant de survivre pendant trois jours. Il s'agit de s'adapter tant au «contexte international instable» qu'à un risque de catastrophe naturelle liée au changement climatique, a expliqué le ministre de l'Intérieur, Bernard Quintin.
L’objectif est qu'un maximum de personnes puisse être autonome pendant les premières heures de la crise. Cela permettrait aux services de secours de se concentrer sur les citoyens les plus vulnérables en cas d’imprévu.
un kit d'urgence, un autre pour rester à la maison
La Belgique répond ainsi à une exigence de la Commission européenne dans le cadre de sa stratégie «Préparation 2030», dévoilée l'an dernier, sur fond de menace russe. La commissaire européenne chargée des situations de crise, Hadja Lahbib, a salué sur le réseau X l'initiative de la Belgique.
Concrètement, il est demandé que le kit d'urgence puisse être emporté dans un sac à dos en cas d'appel à évacuer, et doit contenir les principaux papiers d'identité, les produits d'hygiène et de secours de base. Il est recommandé de rajouter un chargeur de téléphone, une batterie externe, un couteau suisse et un sifflet pour signaler sa présence aux secours. Il est important aussi de prévoir au moins un litre d'eau par personne, des biscuits, un stylo-bille et du papier.
Un autre kit plus complet peut être gardé à la maison, pour le scénario d'une mise à l'abri, potentiellement sans électricité, ni eau, ni accès internet. Il est conseillé de prévoir une radio.
La campagne d'information, baptisée «Prêts. Ensemble» est pilotée par le Centre de crise national, l'organisme fédéral chargé de coordonner les secours en cas de situation d'urgence, et prévue sur quatre ans. Toutes les recommandations sont listées sur son site.
«La question n'est pas de faire peur, mais de ne pas se mettre la tête dans le sable», a affirmé Bernard Quintin à la radio publique francophone RTBF. Il a évoqué la situation géopolitique actuelle, et a rappelé que la Belgique avait été frappée à l'été 2021 par des inondations «liées au changement climatique» ayant causé une quarantaine de morts.