Après deux mois de guerre en Iran, l’heure est aux interrogations sur la suite du conflit. Alors que les frappes ont ralenti et que les discussions diplomatiques s’intensifient en coulisses, plusieurs scénarios restent envisagés, de la désescalade à une reprise brutale des combats.
Deux mois après le début de l’intervention américaine contre l’Iran, une autre bataille pourrait s’ouvrir à Washington. Cette fois, elle ne se jouerait pas sur le terrain militaire, mais au Congrès. En cause : le délai de 60 jours prévu par le War Powers Resolution, une loi qui encadre les pouvoirs du président américain en temps de guerre.
Adopté en 1973, ce texte limite la capacité de la Maison Blanche à engager durablement l’armée sans aval du Congrès. En clair, une fois ce cap symbolique franchi, Donald Trump pourrait être contraint de clarifier sa stratégie. Ses marges de manœuvre resteraient limitées : escalader, négocier ou temporiser.
Le cap des 60 jours, moment clé du conflit
Le principe est simple : un président peut engager les forces américaines en urgence, mais il doit ensuite obtenir l’autorisation du Congrès pour prolonger les hostilités au-delà de 60 jours. Une rallonge de 30 jours existe, mais uniquement pour organiser un retrait sécurisé des troupes, pas pour poursuivre une offensive, selon le texte du War Powers Resolution adopté par le Congrès américain en 1973.
Ce calendrier place désormais l’exécutif américain sous pression. Car après deux mois de guerre, la question n’est plus seulement militaire : elle devient politique. Le locataire du Bureau ovale a donc jusqu’à vendredi pour trancher sur la suite des opérations.
Scénario 1 : Donald Trump demande l’aval du Congrès
C’est l’option la plus institutionnelle. Le président peut solliciter une Authorization for Use of Military Force (AUMF), mécanisme utilisé à plusieurs reprises par les États-Unis pour valider une opération extérieure sans déclaration de guerre formelle.
Mais le vote serait risqué. Une partie des démocrates dénonce déjà une guerre lancée sans stratégie claire.
Même chez les républicains, plusieurs voix réclament un débat parlementaire. En cas d’échec, la Maison Blanche apparaîtrait fragilisée.
Scénario 2 : un retrait partiel
Autre possibilité : annoncer une réduction du dispositif militaire américain afin de rester dans les clous juridiques. Cela pourrait passer par un repli naval, une baisse des frappes ou une mission recentrée sur la protection des intérêts américains dans la région.
Politiquement, ce choix permettrait à Donald Trump de défendre l’idée d’une opération «réussie» tout en évitant un vote incertain au Capitole.
Scénario 3 : passer en force
C’est l’hypothèse la plus explosive sur le plan institutionnel. Le président pourrait estimer que les opérations menées ne relèvent pas juridiquement d’«hostilités» au sens du texte, et poursuivre sans autorisation formelle.
Barack Obama avait déjà utilisé cet argument en 2011 lors de l’intervention en Libye, affirmant que les États-Unis n’étaient pas engagés dans des combats soutenus, d’après un rapport du Congressional Research Service.
Donald Trump pourrait reprendre cette lecture des pouvoirs présidentiels.
Scénario 4 : la majorité républicaine lâche la Maison Blanche
Pour l’instant, les élus républicains soutiennent globalement l’exécutif. Mais si le conflit s’enlise, si les pertes augmentent ou si l’opinion publique bascule, certains pourraient prendre leurs distances.
Le sénateur républicain John Curtis avait déjà averti qu’il ne soutiendrait pas une guerre prolongée au-delà de 60 jours sans validation du Congrès, rapporte Deseret News en avril 2026.
Un tel revirement changerait totalement l’équilibre politique à Washington. Ce cap des 60 jours dépasse largement la technique constitutionnelle.
Dans cette guerre, la prochaine bataille pourrait bien se jouer, non pas à Téhéran ou dans le détroit d’Ormuz, mais dans les couloirs du Capitole.