Alors que la France a connu, en 2025, sa quatrième année la plus chaude depuis le début des mesures, l’institut Copernicus vient de dévoiler un rapport confirmant que l’Europe se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale.
Records de chaleur, incendies, sécheresses, l’Europe a connu en 2025 des épisodes météorologiques intenses. Publié ce mercredi, un rapport de l’institut Copernicus démontre que le Vieux Continent se réchauffe deux fois plus vite que le reste du monde.
Réunissant les travaux d’une centaine de chercheurs, ce rapport conclut que l’ensemble du territoire européen est affecté par le réchauffement climatique. «Il montre que toute l'Europe est touchée par les impacts du changement climatique et que pas une région n'est épargnée», affirme la climatologue Françoise Vimeux à nos confrères de franceinfo.
Publié par le service européen Copernicus sur le changement climatique (C3S) et l’Organisation météorologique mondiale (OMM), une agence des Nations unies, ce rapport analysant l’année 2025 atteste que depuis les années 1980 «l’Europe s’est réchauffée deux fois plus vite que la moyenne mondiale».
«95% du continent touché»
«La quasi-totalité de l'Europe, au moins 95% du continent, a connu une température moyenne au-dessus des normales. Certaines parties du nord et de l'est de l'Europe ont vécu leur année la plus chaude, notamment le Royaume-Uni, la Norvège et l'Islande» alerte Samantha Burgess, directrice adjointe du service Copernicus sur le changement climatique. Ne faisant pas exception, la France, a connu, en 2025, sa quatrième année la plus chaude depuis le début des mesures.
📣Out now! We're pleased to release the European State of the Climate 2025 report, published jointly by #CopernicusClimate@ECMWF & @WMO. Explore climate conditions, key events of 2025 in Europe, long-term climate indicators, climate policy and action for biodiversity,and more!⬇️ pic.twitter.com/eEh3LkUjuH
— Copernicus ECMWF (@CopernicusECMWF) April 29, 2026
Dans un commentaire transmis à l’Agence France-Presse (AFP) l’ONG WWF a fait savoir son mécontentement face aux politiques écologiques : «Une fois de plus, ce rapport nous rappelle que les mesures actuelles en faveur du climat ne sont pas à la hauteur de l’ampleur de la crise», a souligné l’ONG.
Un recul important de la neige
Avec, par exemple, des chaleurs atteignant jusqu’à 35°C en Norvège, dans la région de Fennoscandie, juste en dessous du cercle arctique, la neige est en net recul partout sur le continent : «La surface recouverte par la neige, à la fin de l'hiver 2025, est la troisième plus faible jamais mesurée, poursuit Samantha Burgess. Plus de 1,3 million de km² de moins que la moyenne. Ce manque de neige est l'équivalent de la surface de la France, de l'Italie, de l'Allemagne, de la Suisse et de l'Autriche réunies» Confirme Samantha Burgess.
De son côté, la calotte glaciaire fond, le Groenland a perdu 139 gigatonnes de glaces l'an dernier, de quoi augmenter le niveau des mers de 4 millimètres.
À l’autre bout du continent, les incendies records ont affecté de nombreux pays. Exacerbés par les sécheresses et les températures caniculaires, les incendies ont ravagé plus d'un million d'hectares en 2025. Une surface équivalente à l’île de Chypre.
De nombreux pays ont ainsi été touchés par des incendies. C’est le cas de la France et de l’Espagne durement affectés, et de l’ensemble du pourtour méditerranéen. Plus au nord, le Royaume-Uni, les Pays-Bas ou encore l’Allemagne ont également été frappés par d'importants feux.
jusqu’à 50°C en Turquie
L’Europe a également multiplié les records de chaleur : en Turquie, la température a dépassé pour la première fois 50 °C, et en Grèce 85% de la population a été affectée par des températures proches, ou au-dessus, de 40 °C.
L’institut Copernicus alerte également sur le débit des rivières ou sur les incendies qui, à l’avenir, pourraient toucher des régions plus au nord. «À la fin du siècle, le risque d'incendie en région parisienne sera à la hauteur du risque que l'on connait dans l'arrière-pays méditerranéen», prévient Françoise Vimeux, climatologue et directrice de recherche à l'Institut de recherche pour le développement. «Toute la forêt d'Orléans, par exemple, voit son risque incendie augmenter», ajoute-t-elle.
Bonne nouvelle pour la planète cependant, la part des énergies renouvelables, est pour la troisième année consécutive, supérieure à celle des énergies fossiles avec 46,4% de production.