La Corée du Nord accélère sa montée en puissance nucléaire. Selon plusieurs analyses, son arsenal pourrait bientôt suffire à mettre en difficulté les systèmes antimissiles américains.
Pyongyang franchit un cap nucléaire et pourrait bientôt mettre à l’épreuve les défenses américaines. En quelques années, la Corée du Nord a cessé d’être un simple État en quête de la bombe pour s’imposer comme une puissance nucléaire à part entière. Et à Washington, le signal commence à sérieusement inquiéter.
D’après plusieurs analyses, l’arsenal de Pyongyang se rapprocherait d’un seuil critique. À moyen terme, le pays pourrait dépasser des puissances comme Israël ou le Royaume-Uni. Mais surtout, il pourrait «bientôt être en mesure de déjouer les systèmes antimissiles américains», développés depuis des décennies, rapporte Bloomberg.
Au cœur de cette montée en puissance : les missiles balistiques intercontinentaux, notamment les Hwasong, capables de frapper à de grandes distances. Associés à un stock d’ogives en constante progression, ils offrent désormais à Kim Jong-un une capacité de dissuasion crédible.
Une progression qui s’accélère
Sur le terrain, les experts ont constaté un net changement. «Vous avez désormais un adversaire nucléaire beaucoup moins hésitant qu’il ne l’était il y a quelques années», a observé le chercheur Ankit Panda, toujours d'après nos confrères de chez Bloomberg.
L’ampleur réelle de l’arsenal nord-coréen reste floue, mais tous les indicateurs pointent à la hausse. En effet, l’armée américaine évoquait encore récemment une dizaine d’ICBM (missiles capables de frapper d’un continent à l’autre). D’autres estimations, plus élevées, avancent jusqu’à 48. Entre les deux, plusieurs experts situent l’arsenal à au moins 24 missiles, tout en soulignant que la production se poursuit.
En face, le bouclier antimissile américain apparaît sous pression. Le système actuel repose sur 44 intercepteurs, avec une marge limitée. Or, face à une salve importante, les capacités pourraient être rapidement saturées.