Le président américain a annoncé jeudi un plan de 700 millions de dollars pour soutenir l’industrie du charbon, en maintenant des mines ouvertes et en lançant deux nouvelles centrales. Une décision qui a aussitôt suscité l’ire des démocrates.
Donald Trump appuie sur l’accélérateur du charbon. Le locataire de la Maison Blanche a confirmé jeudi un investissement massif de 700 millions de dollars (602 millions d'euros) pour prolonger l’activité de 42 mines et 14 centrales, essentiellement situées dans des États qui lui sont favorables électoralement. Objectif affiché : moderniser ces infrastructures, garantir la stabilité du réseau électrique et maintenir des prix bas pour les consommateurs.
Le plan prévoit également la construction de deux nouvelles centrales en Virginie-Occidentale et en Alaska, ainsi qu’un terminal maritime à Oakland pour faciliter l’exportation de charbon.
L'exception américaine
Longtemps en déclin, sa production a été divisée par deux entre 2005 et 2020, le charbon a récemment montré des signes de reprise, avec une légère hausse début 2026. Les États-Unis font même figure d’exception parmi les grandes économies, puisqu'ils sont les seuls à avoir augmenté leur consommation de cette énergie en 2025, selon un rapport de l'observatoire Global Energy Monitor.
Mais ce regain fait grincer des dents. Énergie fortement émettrice de gaz à effet de serre, le charbon est considéré comme un obstacle majeur à la lutte contre le réchauffement climatique. Il représente encore environ 9% de la consommation énergétique américaine, selon l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA), soit autant que les renouvelables.
460.000 morts entre 1999 et 2000
Les critiques fusent, notamment au sein du camp démocrate, qui dénonce un soutien aux « pollueurs » dans un contexte de tension énergétique mondiale.
«Consacrer 700 millions de dollars à une source d'énergie sale et inefficace favorise les pollueurs au détriment des Américains, alors que l'on traverse une crise énergétique provoquée par Trump», a réagi, sur X, la coalition parlementaire SEEC, qui comprend une centaine d'élus démocrates de la Chambre des représentants.
Handing out $700 million to dirty, inefficient energy sources puts polluters first & Americans last in the midst of Trump’s self-inflicted energy crisis. This is a stunning abuse of taxpayer dollars & comes on top of Trump’s orders to keep aging coal plants online, which have…
— House of Reps. SEEC (@SEEC) June 4, 2026
En effet, une étude menée par six universités a estimé que les émissions de centrales à charbon ont provoqué la mort de 460.000 personnes sur la période comprise entre 1999 et 2020.