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L'attaque de drone en Roumanie imputée à Moscou était finalement ukrainienne

Avant même les aveux de Kiev, l'ambassade de Russie en Roumanie avait rapidement rejeté toute responsabilité. [Reuters ]

Alors que plusieurs responsables occidentaux avaient rapidement pointé la Russie du doigt après l'explosion d'un drone maritime dans le port roumain de Constanta, l'Ukraine a finalement reconnu que l'engin lui appartenait. Kiev affirme en avoir perdu le contrôle à la suite d'un brouillage électronique russe.

Admettre les faits. L'explosion d'un drone maritime survenue vendredi matin dans le port roumain de Constanta, sur les rives de la mer Noire, a pris une tournure inattendue. Alors que les soupçons se portaient initialement sur la Russie dans un contexte de tensions croissantes aux frontières orientales de l'OTAN, l'Ukraine a finalement reconnu être à l'origine de l'engin, affirmant en avoir perdu le contrôle à la suite d'un brouillage électronique russe.

Dans un communiqué publié sur Facebook, la marine ukrainienne a indiqué que le drone de surface appartenait à ses forces navales. Selon Kiev, l'appareil a été «perturbé par les systèmes de guerre électronique de l'ennemi», avant de perdre sa trajectoire et de dériver jusqu'aux côtes roumaines.

L'incident s'est produit dans la matinée ce vendredi dans le port de Constanta. Le ministère roumain de la Défense a précisé que l'engin, «du type utilisé dans la guerre en Ukraine», ne faisait pas partie de l'inventaire de l'armée roumaine. Le drone se serait autodétruit vers 10h30 sans faire de victimes ni causer de dommages majeurs.

Avant même les aveux de Kiev, l'ambassade de Russie en Roumanie avait rapidement rejeté toute responsabilité, affirmant sur Telegram qu'il s'agissait de «véhicules maritimes sans pilote ukrainiens». Moscou dénonçait déjà toute tentative visant à attribuer l'incident à la Russie comme étant «totalement infondée».

Cette affaire intervient seulement une semaine après un autre incident impliquant un drone, cette fois aérien. L'appareil s'était écrasé sur un immeuble résidentiel à Galati, près de la frontière ukrainienne, blessant légèrement une femme de 53 ans et son fils de 14 ans. À l'époque, le président roumain Nicusor Dan avait directement accusé la Russie, affirmant que le drone était un Geran-2 de conception russe.

Un deuxième incident impliquant un drone

Cette version avait également été soutenue par le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, qui avait dénoncé un «comportement irresponsable de la Russie» représentant «un danger pour nous tous». Face à l'explosion du drone maritime à Constanta, l'OTAN a indiqué suivre la situation de près après avoir été informée par les autorités roumaines. 

Depuis le Monténégro, où il participait au sommet UE–Balkans occidentaux, le président Nicusor Dan a salué l'efficacité de la réaction des autorités. «L'important, c'est qu'il y avait l'information selon laquelle ce drone allait exploser», a-t-il déclaré, soulignant que cela avait permis de mettre la population à l'abri.

Malgré la reconnaissance ukrainienne concernant ce drone maritime, les responsables européens continuent de considérer ces incidents comme une conséquence directe de la guerre déclenchée par la Russie contre l'Ukraine. Nicusor Dan a rappelé qu'il s'agissait du «deuxième incident de sécurité significatif cette semaine le long de la côte roumaine», évoquant également la découverte récente d'une mine marine sur une plage.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a elle aussi estimé que cet événement illustrait les répercussions régionales du conflit. «Elle représente de plus en plus une menace directe pour les pays de notre frontière orientale», a-t-elle écrit sur X.

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