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Léon XIV en Espagne : un voyage face au défi migratoire

Le pape Léon XIV se rend en Espagne du 6 au 15 juin. [© Alberto PIZZOLI / AFP]

Léon XIV se déplacera en Espagne dès ce samedi et jusqu'au 12 juin prochain. L'immigration sera le principal sujet de ce voyage. 

Un déplacement avec beaucoup d'enjeux. Dès ce samedi et jusqu'au 12 juin prochain, le pape Léon XIV se rend en Espagne. Situé à l'extrême sud du continent européen, le pays est à la fois un lieu de transit et de destination, il occupe une place singulière dans la géographie migratoire de l'Europe. 

Chaque année, des centaines de milliers d'immigrés illégaux entrent en Espagne. 571.000 personnes sont entrées sans papiers sur le territoire, d'après l'agence gouvernementale AireF. Un certain nombre s'établit dans le pays.

Attirés par la proximité linguistique et culturelle, la principale source d'immigration espagnole vient de l'Amérique du Sud, de nombreux Colombiens, Vénézuéliens ou encore Équatoriens. Beaucoup d'entre eux sont catholiques et contribuent à la revitalisation de certaines paroisses, notamment à Madrid. La communauté péruvienne de la capitale espagnole se prépare ainsi avec enthousiasme à recevoir «son pape.»

C'est le Maroc qui est la nation la plus représentée parmi les immigrés illégaux en Espagne. Deux enclaves situées en Afrique du Nord sur la côte méditerranéenne, Ceuta et Melilla, sont les principaux points d'entrée pour les migrants marocains. Ces derniers mois, ces deux villes autonomes sont même les plus importants points d'entrée illégaux dans le pays.

Des Traversées dangereuses

Le nombre de migrants a augmenté de 246% entre 2024 et 2025? d'après l'agence pour les réfugiés de l'ONU. Le dernier contingent de migrants arrivant en Espagne vient d'Afrique subsaharienne. Ces personnes, principalement venues de Gambie, du Sénégal ou du Mali, entreprennent un voyage très dangereux.

La plupart des migrants s'y rendent dans des embarcations de fortune depuis les côtes africaines jusqu'en Andalousie ou dans les archipels des Baléares et des Canaries.

Selon la Croix-Rouge entre 5 et 8% des personnes qui tentent la traversée de 200 kilomètres qui séparent la côte marocaine des îles Canaries périssent en mer. Le danger constitué par ce voyage et le manque d'infrastructures dans l'archipel ont fait reculer le nombre d'entrées, qui a atteint son pic en 2024 avec presque 47.000 arrivées.

Léon XIV se rendra dans les îles Canaries lors de son passage en Espagne. Dans cet archipel, «les migrants constituent environ un quart de la population», déclara Caya Suarez Ortega, secrétaire générale de la Caritas diocésaine des Îles Canaries. «Les autorités sont débordées» ajoute-t-elle.

Aux Canaries, comme dans toute l'Espagne, l'Église est particulièrement investie auprès de ces populations. 

Une politique de régularisations

Le sujet de l'immigration a déjà été abordé lors du passage du président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, au Vatican, le 27 mai. L'épiscopat a d'ailleurs soutenu la politique de régularisation des sans-papiers menée par le gouvernement socialiste ces derniers mois.

En avril dernier, environ un demi-million de personnes ont été régularisées par l'Espagne. Ces derniers offrent une main-d'œuvre nombreuse aux entreprises espagnoles et sont un réel soutien à la croissance économique du pays.

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